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 N'écoute pas ceux qui n'ont que leur haine pour aimer

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N'écoute pas ceux qui n'ont que leur haine pour aimer
Ruth Lion et Bruce Banner


« Bonsoir et bienvenue au Family Diners, qu’est-ce que je vous sers ? »


Le docteur qui avait le nez plongé dans le menu plastifié à la couverture qui s’accommodait au rouge de la banquette du restaurant routier, releva ses yeux vers la petite femme ronde à l’épaisse chevelure noire coiffée en un chignon ridiculement protubérant, et dont l’étiquette agrafée à son gilet pourpre indiquait qu’elle s’appelait Daisy. Celle-ci souriait en l’étudiant de ses yeux d’un bleu électrique un calepin à la main qu’elle tapotait de la pointe de son crayon, un bruit qui était déjà entrain de le rendre fou. Poliment tout en refermant le menu pour le poser sur le coin de la table en formica, il commanda à Daisy un café décaféiné, de l’eau, ainsi qu’un de leur plat de grillades accompagnées de salade.  

Il était tard, Bruce avait roulé longtemps depuis New-York et il ne s’était arrêté que deux  trois fois, il ne pensait pas aller beaucoup plus loin, la distance étaient déjà suffisante, ça lui faisait une belle balade et il ne pouvait vraiment trop s’éloigner des fois qu’on ait besoin des Avengers pour repousser une quelconque attaque extraterrestre. Il ne supportait seulement plus New-York, tous ces buildings, cette jungle arpentée de part en part par la foule indivisible des individualités sauvages, tout ce bruit, ces odeurs, qui lui donnaient d’horribles migraines, quand ce n’était pas les bousculades et l’agression de la rue qui ne menaçaient pas de le faire basculer. De temps en temps, il avait seulement besoin de faire un tour loin de toutes ces sources d’angoisse, il revenait, il revenait toujours.

En tout cas, depuis son retour officiel parmi les Avengers, et aussi depuis les derniers événements qui avaient secoué tout le monde, il ne pouvait plus se permettre vraiment de disparaître dans la nature durant des semaines, à arpenter les continents à la recherche de la solitude et d’une paix qui n’existait sans doute plus nulle part, comme sa vie fugitive l’avait tant amené à le faire par le passé. Il se contentait de prendre une voiture ou une moto et de sortir de la ville, de s’éloigner autant qu’il le pouvait, attaché toujours à ses obligations. Aujourd’hui, ses obligations s’appelaient invasion extraterrestre… Il se frotta les yeux avant de retourner son attention vers le poste de télévision suspendu au dessus du bar branché sur une chaîne d’information qui traitait, toujours et encore comme sur toutes les chaînes depuis des jours, de l’attentat du sommet sur Utopia.

« Lève le son Daisy tu veux ? »

L’intéressée protesta pestant sur le programme qui tournait en boucle sur les chaînes d’information depuis ces dernières temps, bon, on savait bien qu’il était arrivé des événements terribles, mais elle n’aimait pas avoir à entendre ça toute la journée, et puis il n’y avait pas que ces rustres allongés sur le bar dès 10 heures du matin qui mangeaient là, il y avait aussi des familles qui n’avaient peut-être pas besoin que leurs enfants entendent continuellement toutes ces horreurs qui passaient au jourla. Elle pesta mais fit ce qu’on lui demandait, après tout, dans quelques bières ils seraient assez saouls pour se dire que c’était le meilleur moment pour reprendre leur route. S’il pensait qu’elle allait s’en faire pour eux, qu’elle allait perdre son temps à les retenir, elle n’avait pas le droit de leur refusé d’être servi de toute façon… Elle soupira et s’éloigna des trois hommes qui parlaient grassement et bien trop fort au bar pour aller servir le café déca de son client avant d’aller prendre la suite de ses commandes.

Au moins, il y en avait quelques uns encore qui n’avaient pas l’air d’être complètement cinglé. Qu’est-ce qu’elle en savait, ça se trouve celui-là était un tueur en série psychopathe, ou bien un de ces mutants. On était plus à l’abri de rien dans ce pays, comme partout dans ce monde visiblement. Qu’est-ce qui lui prenait d’avoir de telles pensées, elle n’avait pas été élevée comme ça, elle bossait trop en ce moment mais sa patronne ne voulait lui accorder ni ses jours de repos ni augmentation… Il allait falloir qu’elle se décide, depuis que Lana s’était évanouie dans la nature elle faisait le boulot pour deux. Pour se faire pardonner de ses mauvaises pensées, elle offrit un grand sourire au docteur lorsqu’elle lui apporta son café, lui aussi tiens paraissait absorbé par le reportage présenté par Clara, une journaliste de Fox News, oui elle commençait à les connaître ceux-là à force de les entendre à longueurs de journées.

- Merci beaucoup.

Banner détacha son regard du journal d’informations pour prendre son café, rendant son sourire à Daisy, puis se laissa happer par les profondeurs obscures de la boisson de laquelle se dégageait un nuage de vapeur brûlante. Il n’avait pas vraiment envie d’entendre encore et encore parler du boulot, c’est pas que tout ça l’angoissait, mais les attaques extraterrestres menaçant le monde et le peuple de la Terre pris en otage par la peur, il n’y avait personne d’autre sans doute à part Tony Stark qui angoissait plus que lui. Mais son problème, c’était pas l’angoisse en soi, c’était ce que ça pouvait réveiller. Il prit la tasse entre ses mains et souffla sur la surface avant de boire lentement, aspirant à profiter au moins de la tranquillité de son dîner. C’était sans compter sur la discussion des trois hommes au bar qui commentaient le journal, il fallait dire qu’ils parlaient suffisamment fort pour qu’il en devienne difficile de ne pas les écouter.

« C’est qu’un ramassis de mensonges, que des conneries ! Le gouvernement cache la vérité, il a trop peur de ces monstres, de ces dégénérés… Ce sont eux les vrais responsables ! Ce sont eux qu’on assassiné le président ! Faut les enfermer ! Mieux, faudrait les pendre ! Faudrait les brûler !... »

Après avoir religieusement écouté au moins les cinq premières minutes du reportage tout en poursuivant leur première conversation sur un thème autrement plus indifférent, ils s’étaient lancé dans un débat comme Banner avait l’habitude d’en entendre, abreuvant le restaurant de leur haine pour les mutants et autres qu’ils surnommaient seulement et sans distinction les monstres. Ces propos n’étaient pas vraiment nouveaux, ça lui rappelait l’époque de la crise des lois anti sur-humain, les attentats, les émeutes, les horreurs qui s’étaient produites, les violences tant physiques que verbales, les agressions de chaque côté de la ligne. La phobie de l’autre, de l’étranger, s’appliquait à peu près à tous les groupes humains qui subissaient toujours les pressions de quelques uns. La violence retranscrivait souvent la peur, et la peur engendrait la violence. Merci Yoda…  

Fermant les yeux, il eut un soupir silencieux, avant de les rouvrir pour parcourir l’assemblée que constituaient les clients matinaux du restaurant. Observant chacun d’eux se trouvant dans son champ de vision, il se demandait pour chacun de quel côté de la ligne ils se trouvaient, s’ils étaient de ceux qu’insultaient, que menaçaient ces gens. Il éprouvait de la compassion pour le jeune mutant seul et perdu, qui subissait en silence leurs agressions verbales jetées à la volée dans la salle, pour d’hypothétiques monstres égarées parmi les blanches brebis de la catégorie normale du genre humain. On dirait que son repas n’allait pas être vraiment à la hauteur de ce qu’il espérait. Au moins ils ne savaient pas ce qu’il était et c’était déjà ça, il devait éviter d’avoir à entrer en confrontation directe, avec quoique ce soit. Mal à l’aise, il s’était enfoncé le dos contre la banquette et avait légèrement baissé la tête qu’il avait rentré dans ses épaules.  

« Et voila, bon appétit. »

Il releva les yeux vers Daisy qui déposa son plat et sa boisson devant lui, avec un sourire presque triste cette fois, compatissant même aurait-il cru. Comme si elle s’excusait, au cas où. Comment aurait-elle pu savoir, de quel côté de la ligne il se trouvait, qui était l’homme qu’elle servait, quels secrets il cachait. Daisy était seulement quelqu’un de bien, fatiguée ces jours-ci, quelques pensées peu sympathiques pouvaient lui échapper parfois sur certains de ses clients, mais elle n’était pas une mauvaise personne, et elle savait que c’était plus compliqué que ça, plus compliqué qu’une ligne qui séparerait les humains normaux des autres. Cette ligne justement qu’ils traçaient entre eux et leurs « monstres », c’était ça, la normalité. Cette normalité que définissait la peur et la haine.



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Ruth mâchait sa part de tarte avec une lenteur calculée, le regard dans le vide. Elle faisait tout ce qu'elle pouvait pour se focaliser uniquement sur le mélange de saveurs à l'intérieur de sa bouche, elle faisait tout pour ne pas écouter, elle ne DEVAIT pas écouter... Ces idiots d'ivrognes en manque ne pouvaient pas se taire une bonne fois pour toute ?! Qu'est-ce qu'ils en savaient de ce que le gouvernement cachait où non ? De la vérité sur ce qu'il s'était passé sur l'île ? Ils n'étaient pas là quand cela s'était produit, non ?!!
La jeune femme ferma les yeux et tenta de réprimer ses souvenirs. Après l'invasion Kree, lorsqu'elle était sortie de sous les décombres, elle avait tout fait pour ne plus y repenser. Elle s'était enfui, dans un acte lâche et désespéré. Même si tout était encore flou dans sa tête, elle savait ce qu'il s'était passé sous les décombres, ce qu'elle y avait fait... Bon sang, elle s'était éloignée volontairement pour que cela ne lui tourne plus dans la tête et ces idiots étaient en train de tout faire remonter !! Elle savait dans quel état elle était... C'était son premier "incident" en 10 mois et jamais encore elle n'avait causé autant de victimes... Son état émotionnel était loin d'être aussi optimal qu'avant la journée du Sommet. Elle était sur les nerfs et un rien pouvait déclencher une nouvelle catastrophe...

- De toute façon, j'suis certain qu'ces p*utains d'mutants y sont de mèches avec l'autre envahisseur... Y z'avaient prévus ça depuis le début !! Y z'invitent le président sur leur île et ils le font tuer par leurs complices !! C'te bande d'erreurs de la nature... Sont tous pareils, dans le même panier !! Y veulent qu'un chose c'est pourrir no'te pays !! Moi j'dis qu'faut pas laisser faire ça... Faudrait cramer le tout, un bon coup d'balais et plus aucuns soucis !! Y a que ça d'vrai !!

Les deux compagnons de l'ivrogne aux "idées révolutionnaires" ricanèrent et commandèrent une nouvelle tournée de bière... C'est là que la télé se mit à grésiller. Tout de suite alarmée, Ruth rouvrit les yeux. Sa main serrait la fourchette avec force et sa respiration c'était légèrement accélérée. Un rapide regard autour d'elle la fit réaliser qu'en plus le son de la télé, les lumières aussi clignotaient dangereusement. La jeune mutante se mordit l'intérieur des joues et planta ses ongles dans ses paumes. Et ben voilà, elle avait tout gagné, à force de trop prêter attention aux idiots...
Rapidement, mais sans pour tant se précipiter, elle rassembla ses affaires et se prépara à sortir. Normalement, elle devrait pouvoir gagner l'arrière du bâtiment avant de... Elle DEVAIT atteindre l'arrière du bâtiment !! Hormis les 3 imbéciles, il y avait des familles ici... Et elle avait suffisamment de morts sur la conscience pour le moment. Tout en se levant, son regard croisa celui d'un homme en face d'elle, quelques banquettes plus loin. Elle détourna aussitôt la tête et sortit en réussissant à garder une attitude à peu près calme. Elle se connaissait, vu son stress actuel, son regard devait déjà trahir son état actuel... Elle allait bientôt craquer...

Dès qu'elle fut dehors, la fraîcheur et le silence de la nuit lui donna un répit supplémentaire et elle gagna en courant l'arrière du bâtiment. Là, elle ferma les yeux et, dans un effort désespéré pour contenir son feu qui grondait déjà en elle, elle fit les exercices de concentration et de respiration qu'on lui avait enseigné les uns après les autres... Mais sans succès. Quelques secondes après, le feu froid et rougeoyant de son esprit l'enveloppa, prêt à consumer toute chose pouvant l'approcher. Au même moment, les lumières et la télé du restaurant recommencèrent à fonctionner correctement comme si de rien était.
Ruth jura et, toujours en feu, elle tomba à genoux. Elle était dans un bien pire état qu'elle le pensait... Ce n'était que des ivrognes qui balançaient leur haine sur sa nature tout en lui rappelant des mauvais souvenirs !! Comment avait-elle pu craquer pour si peu !! Elle se savait plus douée que ça... Soupirant de dépit, elle continua cependant ses exercices de respiration, se recentrant sur elle-même. Certes elle avait craqué, ce qui trahissait de manière alarmante son état émotionnel, mais elle ne pouvait permettre à son feu psychique de se manifester trop longtemps. Mais c'est là qu'elle entendit un bruit derrière elle. Et alors que son feu n'était réduit qu'à de petite flammes de l'épaisseur d'une bougies, Ruth se retourna et vit qu'on l'avait suivi.

M*erde... pensa-t-elle en regardant l'intrus droit dans les yeux.

Son stress remonta en flèche et les flammes grossirent à nouveau. Qui était-il ? Pourquoi était-il là ? Elle avait quitté Utopia en songeant que l'HYDRA était trop occupée à panser ses plaies pour la poursuivre avec autant de férocité... Mais peut-être qu'elle s'était trompée, peut-être venait-on de retrouver sa trace !! Ruth se releva alors, prête à s'enfuir...


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La population surhumaine représentait une part à présent non négligeable de la population mondiale et Banner n’aurait pas été surpris que l’un d’eux en plus de lui-même se cache ici. Enfin, s’ils avaient seulement besoin de se cacher, face à ces individus il fallait croire que oui. Beaucoup de mutants refusaient de se cacher, et c’était normal, ils n’avaient pas à se soumettre à leur haine et à leur violence, mais voila, certains étaient trop forts, trop dangereux, pour qu’ils puissent se permettre d’être provoqués. Ceux comme Banner n’avaient pas le choix de cacher leur nature, face aux hommes comme eux. Que se passerait-il s’ils cherchaient la bagarre avec lui ? Gagner ou perdre ici, n’était pas l’important, les dégâts qu’il provoquerait seraient bien au-delà de toute commune mesure, pour une simple dispute de bistro. Il n’en était même plus à ce qu’on pourrait dire de ceux comme lui, si jamais un accident arrivait, il n’en était plus à que l’on se serve de son exemple pour pointer du doigt le danger de ces « monstres », non. Il se haïssait, il haïssait ce qu’il était, ce qu’il faisait, quand il était cet autre. Mais, il était incontrôlable, si jamais il lui échappait, il était le chaos. Et ces gens seraient bien incapables de faire la différence, jusqu’à qu’il se transforme, et qu’il soit trop tard.

Cependant, il n’était pas seul. Relevant son nez de son assiette, concentré sur son repas de façon à s’abstraire du bruit des discussions environnantes, sur des sujets qu’il n’avait pas envie d’être forcé d’entendre, il vit les lumières se mettre toutes à clignoter et à grésiller, puis se fut le tour du poste de télévision. Les clients relevèrent tous leur nez de leurs assiettes pour regarder autour d’eux. Soit le circuit électrique de ce restaurant avait besoin d’une sérieuse remise à neuf, soit un mutant dissimulé parmi l’assemblée était entrain de perdre le contrôle. Ou bien de préparer son attaque… Banner ne pouvait ignorer aussi ce type d’éventualité, même si pour lui c’était peu probable, il y avait eu après tout des précédents d’attentats, d’attaques sur des humains, et il ne pouvait pas se permettre de sous-estimer une pareille menace. Il ne pouvait pas être surpris. Son autre était trop dangereux, s’il ne contrôlait pas sa transformation, il lui était bien plus difficile de contrôler Hulk. Si quelque chose devait arriver, nécessitant sa transformation, il devait le décider et le provoquer consciemment.

Comment savoir qui pouvait bien être un mutant dans cette foule, comment le reconnaître ? Tous ces gens, ils étaient aussi différents les uns des autres, mais tous, appartenaient au genre humain. Ah moins qu’un extraterrestre lui ai échappé dans le lot. Il tâcha de repérer ceux qui paraissaient particulièrement nerveux, tendu ou mal à l’aise. Il y en avait une qu’il remarqua entre d’autres, une jeune femme rousse, à quelques tables en face de lui, rassemblant ses affaires elle se leva pour sortir, leurs regards se croisèrent et il hésita un moment, la regardant s’en aller. Il sortit son portefeuille et glissa sous son assiette l’argent pour payer son repas, au cas où il devrait quitter l’endroit rapidement. Il attendit quelques instants pour voir si les appareils électriques allaient reprendre leur fonctionnement normal, ce qu’ils firent seulement un moment après qu’elle soit partie. Il ne savait pas vraiment à quoi il avait à faire ni ce qu’il convenait qu’il fasse, devait-il la rejoindre, pour s’assurer au moins que tout aille bien, ou rester ici en se disant que rien d’autre n’allait se produire. Il ne pouvait pas se permettre de ne pas avoir le contrôle de la situation, c’était dangereux. Il se leva à son tour emportant son manteau avec lui, et sortit dans l’obscurité.

Dehors, il fut accueilli par la fraîcheur et le silence de la nuit, il inspira profondément, immobile et silencieux lui aussi. Il était tendu, plus qu’il n’en avait conscience dans le restaurant. Il se concentra sur sa respiration abdominale tout en vidant ses pensées du souvenir de la conversation animée de tout à l’heure. C’était pas la peine de garder ça. Il observa les ténèbres alentours, mais il n’y avait plus l’air d’avoir personne. Elle devait être partie. Il ne lui semblait pas avoir entendu de bruit de moteur. Il se décida à faire le tour du bâtiment, c’est là qu’il tomba sur elle, tandis qu’elle s’était réfugiée à l’arrière du restaurant, à genoux dans la terre. Son corps paraissait recouvert de flammes, sur le moment, il ne comprit pas que le feu émanait d’elle, il craignit seulement pour la jeune femme, cependant les flammes elles-mêmes ne paraissaient pas naturelles ni leur propagation. Elle se retourna vers lui se relevant, l’ayant entendu approcher, en le voyant, le feu faible qui l’entourait grandit pour devenir un brasier baignant son corps. Il retint son instinct primaire et restant à distance leva ses bras devant lui paumes vers elle. Il devait être très prudent, si jamais ce mutant avait du mal à se contrôler et qu’il basculait devant lui, il risquait aussi de basculer.  

- Salut, je ne te veux pas de mal, est-ce que ça va aller ?


L’autre possibilité, c’était qu’elle l’attaque, soit parce que c’était son plan initial, semer le chaos et faire des victimes, soit parce qu’elle était prise de panique. Ça aussi il devait à tout prix l’éviter, il ne savait pas les dégâts qu’elle pouvait faire, mais il savait par contre ce dont lui était capable si jamais elle faisait l’erreur de le provoquer. Cette situation était une bombe à retardement qu’il devait désamorcer. Il devait trouver le moyen de lui expliquer ça sans non plus que cela accentue son stress. Et puis si ses intentions étaient mauvaises… Eh bien ils seraient tous deux, ainsi que ce restaurant, obligé de faire avec. Il devait resté concentré, si quelque chose devait arriver, il devait pouvoir le voir venir, pour réagir consciemment, sinon, il risquait de perdre le contrôle.

- Je ne sais pas quelles sont tes intentions, mais il y a des gens innocents dans ce restaurant, est-ce que tu es capables de te maîtriser ? Je peux t’aider, mais j’ai besoin de savoir que je peux te faire confiance. Je suis comme toi, moi aussi je suis différents d’eux, mais je ne veux pas qu’il leur arrive  quelque chose de mal, et à toi non plus.  

Comme elle, disons qu’il avait besoin d’être concis, même si ce genre de détails pouvaient avoir son importance quand on pensait aux conséquences d’une perte de contrôle du Hulk. D’ailleurs, même quand il parvenait à le contrôler, il ne pouvait pas éviter de faire des dégâts. Il ne le maîtrisait jamais complètement. Sa force, rien ne pouvait la maîtriser. Sa concentration uniquement focalisée sur elle, il observait le moindre de ses faits et gestes, il devait s’obliger à continuer de porter attention cependant à sa respiration et à son rythme cardiaque, il pouvait sentir son cœur battre comme un tambour dans sa poitrine, c’était le signe déjà qu’il se rapprochait de la limite. Il craignait tant son double, que la seule pensée qu’il puisse se transformer, était une source suffisante d’angoisse.



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Ruth ne savait pas quoi penser de l'homme en face d'elle. A première vue, tout seul, il ne payait pas de mine. Mais elle avait apprit à ne jamais sous-estimer ses interlocuteurs... Et alors qu'il tendait les mains tout en essayant de prouver sa bonne foi, elle analysa la situation. Son état semblait l'inquiéter, ce qui vu l'apparence qu'elle devait avoir pouvait inquiéter beaucoup de monde, mais là où c'était intéressant, c'était qu'il n'avait ni eu de réaction agressive, ni de mouvement de recul comme pour la fuir alors que son feu avait gagné en puissance. Il semblait certes préoccupé, mais par autre chose que sa propre survie, celle des personnes dans le restaurant et celle de Ruth si on en croyait la suite de ses paroles.
La jeune femme ignorait si ce qu'il lui disait était sincère, où un mensonge très élaboré... Mais tant qu'elle était entouré de feu, on ne pouvait pas l'attaquer... Aussi choisit-elle de ne pas fuir pour le moment et de "tester" la véracité de ses propos. Lui qui parlait de confiance, il allait comprendre que c'était une chose qu'elle avait du mal à accorder, qu'il soit effectivement comme elle ou non... Et curieusement, ce dernier point était le plus important à savoir, plus important encore que de savoir à quel "camp" il pouvait appartenir. La perspective qu'il y ait dans ce monde quelqu'un qui devait lui aussi contrôler continuellement son état émotionnel pour ne pas déclencher de catastrophes était aussi triste que délivrante.

- Je ne vais pas bouger... dit-elle enfin. Je ne souhaite pas plus leur faire de mal que vous, c'est pour ça que je suis sortie...

Elle cessa alors d'adopter une posture qui s'était d'instinct apparenté à une posture de combat. Elle se força à respirer et se tint droite, les mains jointes devant elle. Sa méfiance n'ayant toutefois pas baissé, son feu resta exactement le même malgré son attitude qui se voulaient plus détendue. Ruth ignorait toujours à qui elle avait affaire et qu'on puisse vouloir la duper en la faisant espérer avec un tel mensonge risquait d'énormément l'agacer. Elle fronça alors les sourcils et leva la main, la paume vers elle, comme pour présenter le feu froid qui l'entourait.

- Vous dites être comme moi... Mais savez-vous au moins qui je suis ? demanda-t-elle avant de baisser la main. Je n'ai aucun contrôle sur ce feu, au moindre stress, au moindre bouleversement émotionnel je m'enflamme... brûlant objets, proches, famille... Je suis une bombe à retardement vivante... Et vous me dites que vous êtes comme moi ?

Elle savait qu'elle ne devait pas être aussi cynique, aussi provocante... Elle ne devait pas laisser la colère et la frustration se frayer un chemin dans son esprit, cela ne pouvait qu'aggraver les choses. Mais comment pouvait-elle réprimer son seul moyen de défense face à un homme dont elle ignorait tout ? Il pouvait très bien retourner sa veste au moment même où le feu disparaîtrait, lui faisant ainsi regretter sa confiance aveugle. Ruth croisa alors les bras et se retint d'avancer pour paraître encore plus menaçante. Après tout, elle avait promis de ne pas bouger.

- Normalement, je me maîtrise plutôt bien, je conditionne mes émotions depuis mon enfance. Mais les récents événements ont rendu les choses plus...  complexe, diront-nous. Aussi un accident peut rapidement arriver... Donnez-moi une seule raison pour que je vous accorde ma confiance. Vous m'êtes autant inconnu que je le suis pour vous. Quel valeur peu donc avoir votre parole ?

Elle regarda l'homme droit dans les yeux, toujours aussi immobile, attentive. Elle désirait vraiment entendre sa réponse... Elle serait partie depuis longtemps sinon, prenant la fuite à pied s'il le fallait, pour calmer son feu une fois seule et en sécurité. C'était l'espoir qui la maintenait en place, un espoir qui désirait plus que tout au monde trouver quelqu'un portant le même fardeau qu'elle. Ruth le voulait tellement que l'idée même que les paroles de l'homme soient sincères commençaient à réduire son stress et sa colère. Elle ignorait tout de lui, mais quelque chose dans son attitude lui faisait intérieurement lutter contre sa propre méfiance. Elle voulait vraiment le croire, reconnaître en lui une capacité à la comprendre, à partager des choses que seuls les êtres comme elle pouvaient comprendre...

- Mon corps s'entoure d'un feu psychique lors de stress importants. C'est aussi simple que ça, un simple mécanisme de défense que j'ai depuis mon enfance, lui confia-t-elle soudainement, mue par ce stupide espoir qui, lui, n'avait pas besoin de preuves. Voilà une chose que vous savez à présent sur moi... Et vous ?


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Elle lui répondait s’était déjà ça, même si elle ne paraissait pas convaincu par lui, c’était compréhensible par ailleurs, on avait souvent plus de raisons de ne pas accorder sa confiance, que de la donner. Il lui aurait bien répondu par ailleurs qu’elle ferait mieux de ne pas lui faire confiance, relativement à son double, mais ce n’était pas sans doute la meilleure chose à faire ou à dire. Quoique, elle paraissait apprécier l’honnêteté, à savoir à présent jusqu’à quel point ? Il la laissa parler, gardant le silence et demeurant dans la même immobilité qu’à son arrivée, il se promit comme elle le lui promettait de ne pas bouger de là où il était. Si elle ne croyait pas en ses paroles, lui était tenté de croire en les siennes, tout dans son attitude corporelle attestait ses propos. Elle avait seulement l’air d’une mutante paumée. En fait, elle lui ressemblait, au lui d’il y a quelques années, au Banner fugitif, au Banner terrorisé, par lui-même, et par ce qu’on pouvait vouloir de lui et pour lui.  

Tandis qu’il avait adopté une posture neutre, bienveillante les paumes levées vers elle dans un symbole de bienveillance, elle avait pris une posture plus instinctive, qui reflétait les propres instincts qu’il devait maîtriser, qu’il avait appris à maîtriser. Elle opéra cependant un changement de posture pour adopter une apparence plus neutre, sa neutralité était tout à fait artificielle, comme le prouvait le feu qui ne diminuait pas, preuve aussi que son anxiété, si c’était ce qui influait sur son pouvoir, ne diminuait pas non plus. Elle était donc toujours sur la défensive, sans doute confiante en ses capacités pour tenir un ennemi à distance. Elle était aussi intelligente, elle semblait comprendre que l’affrontement direct sans plus d’informations sur la situation, et donc sur son interlocuteur, en prenant en compte la proximité des autres humains qu’elle disait vouloir aussi préserver, n’était pas le meilleur choix. Il la croyait quand elle disait que c’était pour leur bien qu’elle était sortie, tout comme lorsqu’elle expliquait ses difficultés à contrôler son pouvoir, il comprenait l’émotion aussi qu’elle éprouvait, pour l’avoir déjà éprouvé.    

Tout en lui expliquant la nature de sa mutation, elle avait levé une main, paume vers lui, parcourues de flammes. En colère, elle l’interrogeait indirectement, le priant de lui dire de quelle façon pouvait-il ainsi se décrire semblable à elle. S’il avait pu déposer son immense main verte sur la sienne, pour le lui montrer, il l’aurait fait. Mais il devrait trouver un autre moyen, sans avoir à se transformer, pour désamorcer ses craintes. Il aurait pu lui retourner la question, savait-elle qui il était ? Lui le monstre, lui le destructeur, lui le meurtrier, lui le cauchemar, il ne tenait à pas grand-chose que l’on le nomme Hulk, et que l’on surnomme Emil Blonsky Abomination. N’en était-il pas lui même une abomination ? Sans doute était-ce encore ce qui le différenciait de Blonsky, de Thunderbolt, ou de son père, ses valeurs, ses qualités morales. Mais, qu’en restait-il quand il se transformait ? Toutes les transformations n’étaient pas semblables, Hulk n’était pas toujours le même, dépendant de la part de la conscience de Banner présente en Hulk à cet instant là. Mais, il n’en restait pas moins une bête, un monstre répandant le chaos, hors de tout contrôle, de toute maîtrise.  

Elle lui demandait quelle raison, quelle valeur pouvait avoir sa parole, c’était ça, sa réponse, son intégrité morale. Elle ne valait rien contre ce que Hulk représentait, il le savait, et dans ces temps de conflits et de violences, elle ne valait sans doute rien pour personne. Mais, quand on était qui il était, ça faisait toute la différence, quand on était celui qui portait en lui pareil monstre, ça faisait toute la différence. Ceux qui voulaient son pouvoir ont toujours prouvé par leurs propres actions leur ingérence morale. Qu’aurait-il pu dire qu’elle puisse croire, le voulait-elle seulement ? Mais une question le brûlait, pourquoi ne s’était-elle pas enfuie ? Peut-être en avait-elle besoin. Cependant, il ne pouvait pas lui donner les preuves qu’elle voulait, il pouvait lui expliquer pourquoi dans une certaine mesure, mais quant à révéler qui il était, c’était plus difficile. Il avait survécu longtemps comme un fugitif, se cachant, dissimulant qui il était et ce qu’il était, poursuivi par des hommes qui désiraient soit sa mort, soit sa capture afin d’exploiter son pouvoir, pour faire de Hulk une arme, tout en se disant plus humains que lui. Il acceptait volontiers de se considérer comme le monstre qu’on disait qu’il était, mais certains ne valaient pas mieux que lui. La haine, l’envie, la soif de pouvoir, l’orgueil, l’intolérance, l’arrogance, pouvaient autant que le pouvoir de ce mutant.

- Non, tu as raison, je ne sais pas qui tu es, et je ne suis pas toi. Quant à prouver qui je suis ou ce que je suis, crois moi, il serait irresponsable et dangereux que je le montre. Ça serait sans doute plus simple et plus compliqué, de te faire voir, mais tout comme toi, je ne veux pas causer de mal.

Que pensait-il ? Qu’elle le croirait sur parole ? Elle lui laissait à penser plutôt le contraire. Elle était méfiante, ce qui était sans doute mieux pour son bien en général, et ce qu’il n’irait non plus jamais reprocher à personne. Mais, le poids de la responsabilité qu’il portait, ce fardeau, était plus fort. Baissant le regard, avant de fixer ses yeux dans l’ombre, il croisa ses bras sur sa chemise, il avait l’impression que son cœur s’échappait de sa poitrine. Ce n’était plus tant l’angoisse, que la souffrance d’être ce monstre, d’être ce qu’il était, et devoir le lui dire, le lui expliquer, comme s’il avait déjà fallu des mots, pour décrire Hulk, pour décrire le chaos, pour décrire le mal ou la douleur. Ne pouvait-elle seulement pas le croire, quand il lui disait être un monstre ? Fallait-il agir comme un monstre, pour prouver sa nature ? Il retourna son regard vers elle, mais, ses yeux semblaient ne plus la voir, ils semblaient noyés dans les ténèbres, ceux-ci n’étaient pas noirs comme l’encre de la nuit, mais verts, comme le monstre tapi en lui.  

- Je ne te crains pas, parce que je n’ai besoin de craindre rien ni personne, à part moi-même. Quand je me transforme, je deviens quelque chose d’autre, qui est mue par mes plus sombres sentiments que j’ai comme toi depuis toujours gardé silencieux, plus ils sont forts, plus il devient fort, et plus il échappe à tout contrôle. J’ai appris à contrôler d’une certaine façon les facteurs émotionnels qui peuvent l’amener à apparaître, mais, il sera toujours plus fort que ma propre volonté.

A nouveau, il détourna le regard, cette fois pensif, sa main se déplaça avec lenteur pour fouiller dans une poche intérieure de sa veste dont il tira un petit objet qui était glissé à l’intérieur. C’était un emblème, celui des Avengers. Il l’observa un instant, avant de refermer son poing sur lui et d’avancer afin de le tendre au-dessus de la paume enflammée de la mutante pour le lui donner, une fois fait, il se recula pour reprendre sa place. Il ne savait pas qui elle était, quel était son camp, ni quelles étaient mêmes ses considérations sur les Avengers ou ce qu’ils représentaient. Mais il espérait que son symbole au moins lui parlerait. Quand il ne savait plus lui-même qui il était, quand il ne se reconnaissait plus et éprouvait ce même sentiment qu’elle devait ressentir de perdition, cette solitude face à ce reflet qui n’était plus celui d’un visage humain, savoir à quoi il appartenait, se souvenir de quelles étaient ses valeurs qu’il partageait avec ces autres héros, lui offrait un certain réconfort. S’il ne se sentait pas plus humain, il savait au moins pourquoi quoi, pourquoi qui, ils existaient et se battaient. Avant de faire partie des Avengers, il était absolument seul, et son intégrité, son humanité, dépendait du mal que le regard des autres et que son propre regard sur lui-même lui faisait.

- Certains me voient aujourd’hui comme un héros, beaucoup d’autres me considère comme un monstre, et je ne leur ferais pas mentir, Je comprendrais que tu ne m’accordes pas ta confiance, peu l’ont fait, et chaque fois que je me transforme, je me demande si je vais leur donner tord ou raison.

Elle pensait être dangereuse, il était la destruction. Il était la guerre.  



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Plus Ruth écoutait les paroles de l'homme en face d'elle, plus sa méfiance baissait. Certes, il ne voulait pas lui prouver dans l'instant, mais si elle avait été à sa place, aurait-elle vraiment souhaité s'enflammer ? Aussi, même si cela pouvait être une excuse pour ne pas lui fournir de preuves, Ruth ne pouvait pas mettre en doute sa sincérité avec de telles paroles... Comment pouvait-on en vouloir à quelqu'un qui refusait de mettre des personnes en danger juste pour gagner la confiance de quelqu'un ? Mais ce ne fut pas cela qui fit basculer sa méfiance...
Ce qui changea totalement la donne, ce fut le regard qu'il lui lança. Alors qu'il décrivait à quel point il était dangereux et à quel point cela était contre sa volonté, ses yeux eurent l'effet d'une claque pour Ruth. Ils étaient verts, d'un vert inhumain... Mais ce qui la frappa le plus c'était ce qu'ils laissaient entrapercevoir. Cet homme était quelqu'un qui avait traversé les mêmes cauchemars et la même terreur que Ruth. On pouvait mentir sur beaucoup de chose... Mais les yeux, eux, ne pouvaient reproduire artificiellement un tel regard. La méfiance de la jeune femme vacilla, il... Était-il vraiment ce qu'il disait être ? Cela pouvait-il être réel ?

Doucement, avec la même lenteur que les gestes de son interlocuteur, son feu diminua. Si bien que lorsqu'il lui tendit l’emblème qu'il avait pri dans sa poche, son feu n'était plus qu'un ama flammes de la taille de celle d'un briquet, preuve du résidu de méfiance qui persistait toujours en elle. Elle tendit la main pour prendre l’emblème, celui-ci, étant en métal, pouvait résister à des flammes aussi minuscules. Et c'est là qu'elle reconnut le symbole des Avengers. Tout alla beaucoup plus rapidement dans sa tête, faisant le lien entre les paroles de l'homme, ses yeux verts et l'emblème à présent dans sa main.
Bien sûr qu'elle connaissait les Avengers !! Elle était devenue agent de terrain pour le S.H.I.E.L.D quelques jours après l'invasion des Chitoris. Elle avait suivi l'événement de très près... Et si elle se fiait aux seuls membres de ce groupe de surhommes qui avaient été présents ce jour-là, l'homme en face d'elle ne pouvait être que l'un d'entre eux... Sa méfiance acheva alors de disparaître, faisant triompher l'espoir. Comment n'avait elle pas pu penser que c'était l'émotion qui causait ses transformations ? Comment n'avait-elle pas pu faire le lien entre elle et cet Avengers plus tôt ?!!

- Vous êtes... Hulk ?! souffla-t-elle d'un air abasourdit alors que les dernières flammes qui l'entouraient s'éteignaient.

Son regard ne quittait pas l'emblème toujours présent dans sa main. Son pouce caressant la surface métallique, comme pour s'assurer avec le toucher que sa vue ne lui jouait pas des tours. Ses épaules se détendirent, et son esprit retrouva le calme qu'elle avait avant d'entrer dans ce restaurant. Un calme assez instable et encore chamboulé par les événements d'Utopia, mais qui suffisait pour le moment. Il se consolidera avec le temps et, d'ici quelques jours, elle aura retrouvé un état émotionnel plus stable.
Ruth releva enfin les yeux sur le visage de l'Avengers en face d'elle. Elle lui porta un regard tout nouveau. La confusion était partie en même temps que les flammes. Sa respiration et les battements de son cœur avaient retrouvés un rythme normal, tout était limpide à présent... Et elle le regarda entièrement, reconnaissant la bête tapie au fond de l'homme, reconnaissant un homme affecté par les mêmes troubles qu'elle. Et c'est pour cela que, même si elle était consciente de la menace qu'il pouvait représenter, elle n'avait pas peur... Elle savait, parce que c'était la même chose pour elle, que la personne qui avait le plus peur de Hulk, c'était l'homme qui était son hôte.

- Inutile de me fournir d'autres preuves... Il y a des choses qu'on ne peut définitivement pas fausser... dit-elle finalement avant de lui rendre son emblème. Je suis Ruth... Et je suis heureuse de faire la connaissance du héros, comme du monstre...

Elle baissa la tête et se frotta les tempes, sentant monter une migraine. C'était ce qu'il se produisait des fois, quand elle s'enflammait trop souvent ou trop longtemps. Matérialiser du feu devait étrangement demander beaucoup d'efforts à son esprit... Elle en profita aussi pour dissimuler sa gêne, se sentant soudain toute petite face à quelqu'un d'aussi... "Reconnu". Un homme qui contenait une telle puissance en lui était resté auprès d'elle, une fille en feu, pour tenter de l'aider... Et elle qu'est-ce qu'elle lui avait offert en reconnaissance ? De la méfiance et de la provocation...

- Je suis désolé... finit-elle par dire. Pour... Pour tout... Normalement je ne stresse pas aussi vite mais... J'étais à Utopia ce fameux jour... Et... Ça a été difficile...


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Son silence répondit pour lui. Au moins sa découverte paraissait avoir apaisé les craintes de la jeune femme. Étrangement d’ailleurs. Le feu qui courrait sur sa peau s’était réduit jusqu’à disparaître. Il eut l’ombre d’un rire nerveux, il lui était reconnaissant de comprendre qu’il ne pouvait pas lui fournir de preuve de ce qu’il était. Il reprit l’emblème qu’elle lui tendait, l’observant un instant dans la paume de sa main avant de le glisser à nouveau dans sa poche. Il profita que la situation paraissait à nouveau sous contrôle, pour s’obliger à retrouver son calme. Il savait gérer l’angoisse de ce genre de situation, maintenant que le problème était maîtrisé, même si la mutante montrait encore quelques signes de nervosité, il devait s’assurer aussi de sa propre maîtrise sur lui-même et laisser en arrière tout ce qui avait pu se passer, il devait se libérer de ses craintes et de son stress. Se déplaçant il s’adossa contre le mur du bâtiment pour lever son regard sur le ciel noir où apparaissaient ça et là quelques étoiles entres les nuages sombres. Il ferma les yeux pour prendre une inspiration profonde. Lorsqu’il les rouvrit, il retourna son regard et son visage vers la mutante, Ruth, il ne souriait pas, ces derniers mots l’avaient rendu sérieux.

- Ne t’en fais pas.

Avait-il d’abord répondu à ses inquiétudes, esquissant alors un demi sourire. Même si d’une certaine façon, il savait que ce n’était pas que pour lui ou ces gens qu’elle était désolée. C’était aussi pour elle-même qu’elle s’excusait. Il connaissait ce sentiment, de ne plus être soi-même, de ne plus se connaître, de se sentir perdu et d’avoir l’impression de ne plus vraiment s’appartenir. Il détestait ses instincts, ses impulsions, cette rage, cette colère, qui faisait son autre, cet autre, lui le monstre, lui le héros. Aujourd’hui encore, il errait toujours, il était encore perdu, il ne savait jamais, s’il allait partir ou rester, sa part de raison était toujours plus faible que la part de la bête. Pour un homme de science, c’était un partage étrange, mais il était ainsi fait et malgré toute la volonté qui était la sienne, il ne gagnerait jamais le combat. Parce qu’il était trop faible, parce qu’il était trop fort. Mais il n’allait pas détruire son moral avec son propre désespoir, elle, il ne la connaissait pas, mais elle avait encore sans doute ses chances, elle n’avait peut-être pas encore tout gâché, même si, là, face à lui, démunie, elle avait l’air de quelqu’un qui avait tout perdu.

- Désolé que tu te sois retrouvée au milieu de ça… Je n’y étais pas, j’aurais plus été un danger qu’autre chose. On ne s’attendait pas à une catastrophe pareille…

Il s’était senti impuissant, même s’il savait qu’il n’aurait rien pu faire. Rien, à part semer plus de morts, provoquer plus de chaos, de destructions. Il ne savait pas dans quel état Ruth s’était tirée de là, au moins elle avait l’air en bonne santé physique, c’était déjà ça. Même s’il ne savait pas… tout ce qu’elle avait pu endurée, avant, tout comme lors de ces événements, être en vie représentait déjà une chance. Une chance… Pour lui, ça n’en était pas une, pour lui, depuis Hulk, vivre était… quelque chose dont beaucoup voudrait qu’il se passe. Mais personne, pas même lui-même, n’a pu l’en priver. Il a essayé, comme beaucoup ont essayé de le tuer, mais, il semblerait qu’il soit condamné à être ce qu’il est, condamné à être celui qui tue, qui détruit, sans pouvoir lui-même mourir, pour arrêter ça, arrêter tout ça, l’arrêter lui. Ça aurait sans doute était hypocrite de lui dire qu’elle avait de la chance d’être là, de s’en être sortie « indemne ». Pour elle sans doute aussi, ce n’était pas une chance. Ils se ressemblaient, c’était vrai, mais il y avait bien une chose, qui les différenciaient, il était à peu près sûre de pouvoir la neutraliser, ou qu’elle puisse l’être, même s’il ne connaissait pas toute l’étendue de son pouvoir, il lui suffisait déjà de savoir que lui-même était insensible au feu.

- Tu viens d’Utopia donc ?

Ça ne le gênait pas, c’était plus par curiosité. Même si en ces temps de troubles, tout était devenu source de méfiance, Utopia faisait parti de ce dont il se méfiait, comme du reste, Banner n’était pas quelqu’un de très confiant ni de très optimiste, mais c’était plus pour la figure de celui qui en était le dirigeant qu’il s’en défiait. Mais bon, ça aurait pu être pire, elle aurait pu être de l’Hydra. S’il avait su seulement son passé… Il se demandait ce qu’elle faisait, loin de la nation que gouvernait Magnéto, à la voir comme ça, on aurait dit qu’elle fuyait. L’autre question était donc pourquoi ? Peut-être, était-ce le choc et le chaos qui avait suivi l’attaque, beaucoup suite à la tentative d’invasion et au désordre qui avait suivi s’étaient dispersés, avaient pris la fuite, comme elle sans doute. Ou c’était autre chose.

Un bruit se fit entendre, à l'extérieur de l'autre côté du restaurant, des clients sans doute qui partaient. Leurs voix portaient assez pour qu'il reconnaisse les trois types du bar, ce qu'il s'était passé précédemment lui revint assez brusquement en tête et il se mit à espérer qu'ils étaient bien sur le départ.

Spoiler:
 



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Dernière édition par Bruce Banner le Mer 29 Avr - 19:41, édité 2 fois
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#1 'Six faces' :


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L'homme balaya rapidement ses excuses. Il était allé s'asseoir, adossé au bâtiment, pour fermer les yeux tout en respirant calmement. Ruth devinait facilement ce qu'il était en train de faire, pour avoir dû agir de la même manière des centaines de fois. Elle se doutait bien que la personne qui avait causé sa légère hausse de stress ne pouvait être qu'elle. Peut-être avait-il eu peur qu'elle l'attaque lui, ou les personnes du restaurant. Après tout il s'était empressé de lui dire vouloir les protéger quand il était tombé sur elle tout à l'heure... En tout cas, cela avait fait monter la présence de Hulk en lui, et malgré le demi-sourire qu'il lui adressa, se voulant être rassurant, la culpabilité de Ruth resta bien présente.
Toutefois, elle ne désirait aucunement le laisser seul. C'était la première fois qu'elle rencontrait quelqu'un comme elle et elle voulait faire durer cette expérience le plus longtemps possible. Il aurait pu être sur le point de se transformer qu'elle se serait uniquement mise à une distance de sécurité, elle n'aurait pas fui. C'était peut-être une réaction stupide, mais elle brillait pour ses actions irréfléchies depuis quelques jours... Alors pourquoi s'arrêter en si bonne voie ? Elle vint donc s'asseoir en position du lotus devant lui, les mains sur les genoux, sans rien dire, laissant le silence de la nuit les apaiser l'un comme l'autre.

Elle choisit de ne pas lui répondre lorsqu'il évoqua les événements d'Utopia, apparemment désolé qu'elle y ai prit part, haussant simplement les épaules d'un geste neutre. Pouvait-il imaginer ce qu'il avait dû s'y passer ? Sans doute... Mais il n'aurait pas pu faire la différence. S'il avait été là, il se serait lui aussi retrouvé victime de la vague émotionnelle. Il se serait sûrement transformé et qui sait à qui il se serait attaqué avant que les Kree ne se manifestent ? Toutefois, après, il y aurait eu une chance pour qu'il aide les Utopiens à stopper l'invasion, après tout, l'île avait été laissé à l'état de ruine, qu'il la saccage un peu plus en "fracassant" l'envahisseur n'aurait finalement pas été si mal que ça...
Elle ? Qu'est-ce qu'elle avait fait ? Elle avait lutté avec l'énergie du désespoir contre son pouvoir, alors au milieu d'une foule en délire... Pour finalement perdre la bataille et incendier en quelques secondes les mutants prisonniers sous des gravats avec elle un peu plus tard. Et une fois de plus, évidemment, elle avait survécu sans dommages à ses victimes. Ruth détestait ça... Son corps réagissait à sa panique et, voulant la protéger, il tuait sans remords. Comment pouvait-on aimer être une survivante après cela ? Elle inspira à fond et se mit à réciter mentalement une série de numéros complexes qu'elle avait appris durant son adolescence pour penser à autre chose avant que cela ne se répercute à nouveau sur son état. Elle posa en même temps son regard sur son interlocuteur, lui au moins n'avait pas fait la bêtise d'évoquer plus longtemps Utopia dans une tentative stupide de la réconforter. Pour des gens comme eux, faire ressortir le cauchemar alors qu'il était encore frais était risqué... Beaucoup trop risqué...

La jeune femme eut l'image de Hulk dans toute sa grandeur et dans toute sa puissance à la place de l'homme banal qui lui faisait face. Pouvait-il maîtriser son feu ? Y résister même à pleine puissance ? Sûrement... Il devait être suffisamment grand et sa peau suffisamment épaisse pour étouffer les flammes du corps de Ruth et empêcher leur propagation... Si l'incident d'Utopia se reproduisait, se jetterait-elle dans ses bras alors qu'elle commencerait à prendre feu ? Vu le manque de contrôle de son hôte, il y avait des chances pour qu'il réplique violemment et la tue au passage... Mais s'en souciait-elle vraiment ? À sa grande surprise, la réponse à la question fut positive.
Non pas qu'elle ne souhaite pas mettre sa vie en jeu pour en protéger des centaines de ses capacités. Mais parce qu'elle savait que si Hulk la tuait par mégarde alors qu'elle s'était précipité sur lui, espérant qu'il l'aide, l'homme caché au fond du monstre ne se le pardonnerait jamais. Et cela pourrait sonner la fin définitive de son humanité... Plus que les victimes que cela engendrerait, ce fut cette autre perspective qui acheva de la convaincre de ne pas mettre sa vie en jeu avec Hulk. L'homme à qui elle faisait face semblait déjà porter la peine du monde sur ses épaules. Il était plus vieux qu'elle, son fardeau était bien plus lourd, elle en avait conscience... De quel droit pouvait-elle alors l'accabler davantage pour ses intérêts personnels ?

La question qu'il lui posa ensuite la tira de sa rêverie. Utopia... Il lui demandait de parler d'Utopia. Une simple question innocente, le genre que l'on posait pour connaître un peu mieux une personne. Mais il y avait des choses sur elle qu'un Avengers ne devait jamais savoir, des choses que personne ne devait savoir. C'était ses cadavres au fond de son placards, caché au même endroit où elle avait dissimulé le dossier "Sujet R" qu'elle s'était procuré avant de s'effacer des données du S.H.I.E.L.D. La réaction que pouvait avoir les personnes découvrant où était allé sa fidélité était beaucoup trop prévisible... Et elle ne voulait pas avoir affaire à ça. On la traquait avec suffisamment d'acharnement pour qu'elle ne souhaite pas trouver de la méfiance du côté des maigres contacts qu'elle s'était faite depuis sa fuite.
Elle était toutefois sur le point de lui répondre, non sans prendre soin d'éviter les sujets sensibles, quand elle entendit les voix qui l'avaient poussés à bout un peu plus tôt sortir du restaurant. Ruth referma la bouche et tourna la tête dans leur direction, les sourcils froncés. Elle les avait oubliés ceux-là... Avec un peu de chance, ils allaient se contenter de partir sans demander leur reste et elle ne les croiserait plus jamais de sa vie. Mais malheureusement, alors que leur voix devenaient plus distinctes, elle les entendit parler d'elle dans des termes plutôt élogieux.

- ... croyez qu'c'était une mutante ?
- Pourquoi ?
- Bah t'a vu comment qu'elles clignotaient les lumières ? Et dès qu'la miss elle part, POUF !! Tout r'deviens normal !!
- Hey mais c'est qu'l'alcool te rend quelques neurones !! Elle a pas dû aimer qu'on dévoile la vérité sur sa p'tain d'race...
- Haha !! J'aim'rai bien qu'on lui prouve qu'on a raison !! D'genre... En passant de la théorie à la pratique...
- P'tain mec, t'a des fantasmes malsain quand t'es bourré !! Perso préférerai me faire une chèvre que d'toucher à c'te saleté... Ça s'trouve, c'est pas fait comme nous à l'intérieur, où alors tu peux chopper la même m*erde qu'eux !!
- Nan mais sérieux... J'ai pas entendu d'bruit d'moteur tout à l'heure, elle est p't-être encore par là...
- Tu crois ?


Apparemment, Ruth avait réussi à être beaucoup moins discrète qu'elle ne l'avait souhaité en sortant du restaurant. Et l'alcool n'avait pas été une source de distraction suffisante pour ces messieurs... Elle était tentée de donner raison à leurs suppositions et à les remettre à leur place comme il le fallait. Elle n'aurait qu'à utiliser sa formation du S.H.I.E.L.D et ils retourneraient chez leurs mères en gémissant en un rien de temps !! C'était tentant... Mais son état était peut-être un peu trop instable pour le moment pour qu'elle prenne le risque de se retrouver prise dans un combat, les chances pour qu'elle s'enflamme étaient trop grandes...
Aussi, lorsqu'elle les entendit se diriger vers l'arrière du bâtiment, décida-t-elle de tenter de les éviter. Elle se leva d'un geste souple et tendit la main à l'Avengers en face d'elle pour l'aider à se lever à son tour. Elle lâcha sa main aussitôt après et se dirigea rapidement de l'autre côté du restaurant pour éviter les ivrognes. Elle n'était pas quelqu'un de très tactile. Elle s'était forcé à se passer du contact humain pour éviter de risquer de brûler quelqu'un à l'époque où son contrôle était inexistant. Et puis c'était devenu une habitude. Après avoir tourné à l'angle du restaurant, Ruth se colla à la paroi du bâtiment, écoutant attentivement le trio indésirable.

- Bah tu vois qu'y a rien !! T'a mal entendu... 'le est parti d'puis un bail !!

Le visage concentré de Ruth se détendit en les entendant faire demi-tour et elle revint à l'arrière du bâtiment. Elle attendit patiemment qu'ils partent et ne se permis de se rasseoir contre la paroi du bâtiment que lorsque le bruit de moteur de leur véhicule devint lointain. Elle leva alors les yeux sur l'homme à côté d'elle et poussa un soupir résigné.

- L'humanité est une race dont les limites de leur tolérance sont d'une élasticité rare... C'est pour ça qu'Utopia était un bon endroit où me réfugier. C'est une bonne cachette. Même s'il a fallu que je m'en éloigne pendant quelques jours... dit-elle avant de changer complètement de sujet, voulant dissiper le voile de souvenir qui était apparu devant ses yeux. Je me dirige actuellement vers New York, un road trip le temps se me recentrer... Et vous, monsieur... Euh... Vous avez un véritable nom ? Hulk c'est un peu... Hulk.


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Elle s’était assise près de lui, tandis qu’adossé contre le mur, il observait la nuit profonde, cherchant dans ses jeux de lueurs magiques la sérénité et le repos qui lui échappait. Elle garda le silence un moment, muette à ses questions. Il se demandait ce que son visage pensif pouvait dissimuler ? Quelles étaient les pensées secrètes qu’elle gardait silencieuses ? Est-ce qu’il aurait du se méfier d’elle ? C’était déjà le cas, comme il se méfiait de tout le monde et ne faisait confiance à personne. Les seuls auxquels il pouvait accorder une part de sa confiance n’étaient nuls autres que les Avengers. Tony en premier, mais même à lui, il lui accordait une plus grande part de son amitié, que de sa confiance même. Alors quant à ce petit bout de femme nerveuse qui aurait très bien pu lui mentir d’un bout à l’autre de la ligne, lui qui ne faisait plus confiance à personne depuis des années, n’allait pas commencer maintenant avec une inconnue. En tout cas, il aurait été surpris qu’elle lui ait menti, elle parlait peu et paraissait éviter certains sujets, dissimulant sans doute quelques secrets qui n’appartenaient qu’à elle. Elle avait l’air de ne pas vouloir avoir à lui mentir, comme ne pas vouloir non plus lui dire ce qu’elle cachait. C’était normal, tout comme lui, elle ne devait sans doute pas accorder facilement sa confiance, surtout à un inconnu. Bien que Banner ait pour lui sa notoriété, malheureusement. Mais Ruth n’était pas dupe, elle voyait autant en lui le héros, que le monstre.

Elle allait lui répondre quand des voix se firent entendre, c’étaient les hommes du restaurant qui se rapprochaient d’eux, à mesure que le volume de leurs voix s’amplifiaient. Ils n’avaient pas été assez saouls pour que Ruth passe inaperçue à leurs yeux en quittant le restaurant, mais ils l’étaient trop pour être efficaces dans leur recherche de la jeune mutante. Ils parlaient bien trop forts, et bien trop mal aussi pour leur bien. Mais Banner ne pouvait rien contre eux, à part les tuer, détruire cet endroit, blesser sans doute d’autres personnes et faire encore d’autres destructions le temps que quelque chose le calme assez pour qu’il puisse retrouver forme humaine. Il n’avait pas vraiment le choix et devait fuir absolument toute confrontation et il espérait que Ruth en avait conscience et que sa jeunesse ne la pousserait pas à relever leurs provocations. Il avait conscience de combien ça pouvait être blessant à entendre, mais ce n’était que des paroles stupides de personnes incapables d’éprouver autre chose que de la haine, pour ceux qui avaient le malheur d’être différents. Mais être différents, être ce qu’elle était, n’était pas une tare, il avait plus de mal à s’accepter lui-même, et sans doute Ruth avait-elle un avis semblable sur elle que le sien sur lui, mais il ne pouvait pas la considérer comme lui se considérait.

Il n’aimait pas non plus entendre ça, mais il avait l’habitude d’une certaine façon, même s’il n’avait pas été là, s’il avait fuit, lors des manifestations et des lois du sénateur Lewis, il avait vu ce que ce genre de rancœur pouvait causer, et il avait été assez de fois victime de ce genre de haine. Il avait été traqué et on avait voulu sa mort, on avait voulu l’enfermer, pour toujours, comme une bête, comme un monstre, on lui avait arraché son humanité, pour le réduire à cette créature… Les regards que les gens pouvaient porter sur lui à présent, autrement que comme s’il était cet animal dangereux à mettre en cage, quand on le considérait parfois comme ce héros qu’il ne se croyait pas être au fond de lui, ces regards mêmes ne lui rendaient pas ce qu’on lui avait pris, ne guérissaient pas sa blessure. Il n’était pas même encore sûr de la validité de son intégrité, là où son humanité n’était plus réduite qu’à l’équilibre précaire de son état mental. Ils la cherchaient, s’ils ne bougeaient pas d’ici ils allaient tomber sur eux. Banner allait initier un mouvement de repli quand elle prit l’initiative à sa place, se levant et l’invitant à venir avec elle. Sans un bruit ils se rendirent de l’autre côté, espérant que les hommes ne les cherchent pas plus loin. Banner était tendu, nerveux, mais tant qu’il n’y avait pas de confrontation, il pouvait se contrôler, il savait faire ça, se contrôler, du moins il essayait de s’en persuader. Il respirait vite, il se concentra pour faire le moins de bruit possible, mais il sentait son cœur battre dans sa poitrine, ses poings se serraient, ses traits étaient tirés et crispés.

Ils n’allèrent pas plus loin, puis ils finirent par quitter l’endroit et leur poursuite. Il retourna à l’arrière avec Ruth, mais il ne se permit comme elle de se rasseoir et de se détendre qu’une fois le bruit de leur voiture devenu lointain. Enfin se détendre, Banner se sentait comme un animal traqué, pris au piège, même si ce n’était pas lui que ces hommes cherchaient, il éprouvait toujours cet instinct du fugitif, il avait fui trop longtemps. Il se sentait pris au piège, de ses angoisses, de ce qu’il était et qu’elle lui rappela en lui demandant son nom. Il eut un petit rire nerveux, avant de retourner son visage vers elle, un demi sourire au coin des lèvres. Oui, Hulk, c’était très… Hulk…

- Tu peux m’appeler Bruce.

Il prit à nouveau une inspiration, renversant sa tête en arrière pour appuyer son crâne contre le mur. Il s’obligea à poser ses mains sur ses genoux, ramenés contre son torse, et à rester immobile en respirant lentement, son regard tourné vers les étoiles. Il n’était pas que nerveux, même si son stress seulement transparaissait de son agitation intérieure, il était en colère. Mais, il n’aimait pas se l’avouer. Il était en colère, le lui profond, était en colère. Il avait envie de… de tout casser, que ça sorte, que ça s’en aille, que ça se finisse, que ça se taise. Il expira longuement en passant ses mains sur son visage, avant de retourner son attention sur Ruth. Parler était encore au moins un moyen de se distraire, tandis qu’il enfonçait ses doigts de rage dans sa peau, ses os, ses tendons.

- Ne… T’en fais pas pour eux… N’écoute pas… Ils existeront toujours, ceux comme eux, ils vivent dans la haine, mais avec le temps, ils seront moins nombreux à vivre contre nous, ils s’habitueront à notre présence, même s’il y en aura toujours pour nous haïr.

Ceux qui avaient seulement peur, de ce qu’ils étaient, de cet autre étranger, inconnu, la plus part cesseraient de les craindre, certains deviendraient des fanatiques tournés entièrement contre eux, comme Thunderbolt qui avait voué sa vie à sa destruction. Betty, aurait sans doute dit que ce n’était pas un homme de haine, il le croyait aussi, mais la haine qu’il avait nourri contre Hulk, et contre Banner, la soif de pouvoir que l’idée de le posséder avait alimenté en lui, avait participé à le changer. Il était devenu quelqu’un d’autre, qu’elle-même fuyait. Sa propre fille. Ils avaient été deux, à risquer sa vie, Banner ne se le pardonnerait pas, mais il n’oubliait pas non plus que Ross aurait été prêt à la perdre, pour le posséder lui. Les traits de son visage, son regard, étaient étrangement déformé, par la souffrance qui l’occupait et qu’il tâcha de chasser de ses pensées, en vain, elles le poursuivaient sans relâche, il ne pouvait se fuir lui-même.

- Je retourne aussi à New-York… Je peux t’y emmener si tu veux ?

Il se souvenait de sa peur, quand elle l’avait découvert, avait-elle des raisons de craindre quelque chose ? Il ne savait pas si rester seule ou être avec lui, était un plus grand danger. Il connaissait ses faiblesses, c’est pour ça d’ailleurs qu’il avait quitté quelques jours New York, il était capable de se contrôler, combien de fois par semaine se sentait-il au bord de basculer ? Mais ça n’arrivait pas, parce qu’il se contrôlait. Parce qu’il pouvait le maîtriser. Il espérait en fait qu’elle refuse, qu’elle se rende compte qu’il était sans doute trop dangereux pour être fréquentable, ou qu’elle ait mieux à faire, qu’elle soit trop solitaire elle aussi pour partager son voyage avec quelqu’un. Il était trop dangereux pour elle, comme pour le reste de la population humaine, raison pour laquelle il restait toujours si seul, loin des autres, pour ne pas les blesser. Jusqu’à disparaître peu à peu du monde, jusqu’à ce qu’on oubli l’existence de Banner, mais Hulk lui, lui il ne disparaissait pas. Il le lui avait proposé en fait, pour la même raison qu’il était venu à l’arrière du restaurant, la retrouver, parce qu’il ne voulait pas laisser une mutante seule et démunie livrée à elle-même et aux tourments que causaient ses pouvoirs. Il pouvait bien faire quelque chose pour elle non ?  



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Ruth hocha la tête, souriant légèrement face à son rire nerveux. Bruce... Oui... Ça lui allait définitivement mieux que Hulk... C'était plus humain... Elle posa son regard sur lui, l'observant sans rien dire ni rien faire, juste pour observer cet inconnu sortit de nulle part. Quelques minutes auparavant, il n'était rien pour elle. Qui aurait pu penser qu'ils étaient aussi semblables l'un et l'autre ? Lorsqu'elle le voyait comme ça, respirant pour stabiliser son état émotionnel, elle avait l'impression de se voir elle. On aurait dit qu'elle se regardait dans un miroir, sans pour autant que ce soit elle... C'était comme s'ils étaient jumeaux. Les mêmes sans pour autant l'être... Proches et inconnus à la fois... C'était une sensation étrange...
Il semblait fatigué... Désespéré... Cela faisait combien de temps qu'il menait son combat contre lui-même ? Ruth savait grâce au temps qu'elle avait passé au S.H.I.E.L.D que la naissance de Hulk avait été le résultat d'une expérience qui avait mal tourné, aussi n'était-il pas né comme ça. Il avait pu profiter de la vie avant l'accident. Intérieurement, elle l'enviait pour cela, tout en le plaignant. Sa condition lui avait fait perdre beaucoup plus de choses qu'à Ruth... Et pourtant il était là à la rassurer vis-à-vis de ceux haïssant les mutants, lui disant qu'ils finiront par être de moins en moins nombreux, que les choses s'arrangeront... Et lui ? Qui était là pour le rassurer en retour ? Il était membre des Avengers, mais en cet instant précis, il était pourtant seul... seul face à son pire ennemi... lui-même.

Sa proposition la prit de surprise et elle haussa les sourcils. Cet homme avait vu de quoi elle était capable, il était conscient de son état actuel qui était plus instable que d'habitude. S'il y avait bien une période où il ne fallait pas l'approcher trop longtemps, c'était bien celle-là. Surtout que ses incidents pouvaient très bien réveiller sa bête. Elle le mettait en danger... Et pourtant, il lui demandait si elle voulait rejoindre New York avec lui... Pourquoi faisait-il ça ? Qu'est-ce qui le poussait à vouloir s'occuper d'elle ? Depuis qu'elle avait appris son identité, elle savait certaines choses sur lui, grâce à sa notoriété. Mais lui, que savait-il sur elle ? Ne se méfiait-il donc pas ?
Son esprit pragmatique se mit à envisager toutes sortes de théories et elle fronça les sourcils alors qu'elle commença à comprendre. Elle était plus jeune que lui, elle faisait la moitié de son âge. Elle était encore déstabilisée de la dernière crise mondiale avec l'invasion des Krees et il l'avait vu subir un incident. Et dans sa jeunesse et sa vulnérabilité apparente, elle vivait quelque chose dont il connaissait toute l'horreur pour vivre la même chose, jours et nuits... Une seule chose pouvait le mener à vouloir l'aider, faisant fi de toute méfiance et logique. Elle était en train de lui faire pitié... La pauvre petite Ruth toute seule qui vivait quelque chose qu'il n'aurait souhaité pour personne avait besoin d'aide... Il la voyait ni plus ni moins comme une victime...

- Bruce... dit-elle d'une voix neutre. Ne vous avisez pas d'avoir pitié de moi... C'est blessant.

Elle ne l'accusait en rien, il ne la connaissait pas et rares étaient les personnes qui ne l'avaient pas sous estimés. C'était juste un avertissement. Elle ne mettait que très peu de gens au courant de ses capacités, et ce n'était pas parce que ça la rendait dangereuse à leurs yeux. Mais parce qu'avouer être incapable d'avoir un contrôle sur son feu, d'être obligée de conditionner durement son mental pour espérer vivre à peu près normalement la mettait en position de faiblesse. Dans le laboratoire elle avait été faible, victime de son don, résignée et prisonnière... Elle avait accepté de laisser son humanité de côté et de n'être plus qu'un produit dangereux entre les mains de scientifiques, une bombe vivante...
Mais elle s'était relevée et avait décidé de ne plus être passive. Elle avait décidé de se battre, de défendre bec et ongles, avec une volonté de fer, son droit d'exister, son droit de vivre... Elle n'était pas une victime, plus jamais... Elle était une combattante qui restait debout, ferme et ne baissait pas les bras face à quelque chose qui la dépassait complètement. C'était une guerre qu'elle se livrait à elle-même, une guerre dont elle perdait un grand nombre de batailles, mais où elle ne capitulerait jamais. Bruce, à côté d'elle l'ignorait... Mais elle refusait qu'il ne s'en rende pas compte. Pour le poids qu'il avait allégé sur ses épaules en lui révélant qu'elle n'était pas seule, elle refusait de lui cacher qui elle était.

- J'ai refusé de subir mon feu depuis longtemps, je le combats à l'intérieur de mon esprit tous les jours, tout comme vous le faites certainement de votre côté. Et c'est pour cela que j'ai instinctivement du respect pour vous, que vous soyez un héros ou non... Alors, si vous en avez, vous aussi, envers moi, ne déshonorez pas ma bataille en me voyant plus faible que je ne suis vraiment. S'il vous plait...

Elle ramena ses jambes, revenant ainsi en position du lotus et se mit à tracer du doigt le symbole de l'infini sur le sol, le regard focalisé sur cette boucle qui tournait sur elle-même encore, encore et encore... Évidemment, elle ne se considérait pas continuellement comme ça, il y avait des haut et des bas et certaines fois, le fardeau était tellement lourd qu'elle avait envie d'y mettre fin de façon définitive... Mais, à l'intérieur d'elle, ce stupide espoir lui maintenait toujours la tête hors de l'eau. Et elle finissait toujours par retrouver la force de se battre encore un peu tous les jours... C'était cet espoir et cette volonté qui l'avait fait passer de rat de laboratoire à personne libre... Fugitive, oui, mais entièrement libre... Ruth regarda à nouveau Bruce et lui adressa un léger sourire, laissant entrapercevoir une tristesse semblable à celle qui était apparu sur son visage à lui un peu plus tôt. Car aussi forte pouvait-elle être, cette tristesse ne la quitterai jamais complètement.


- Vous savez... La première fois que mon don s'est manifesté, j'avais à peine 9 mois. Je n'en garde aucun souvenir. Mais je sais que j'avais une famille, et, qu'après cela, je me suis retrouvée confiné dans un laboratoire nuit et jour. Cela a duré toute mon enfance et mon adolescence... À cette époque, je n'étais rien, j'étais faible, seule et démunie de toute identité... Mais j'ai fini par me battre, j'ai décidé de lutter pour pouvoir en sortir, être à nouveau dehors. Et aujourd'hui, lorsque vous êtes venu à moi, j'ai appris que je n'étais pas seule... Vous m'avez montré que d'autres se livraient la même bataille avec eux-même. Alors... Merci... Merci Bruce...

Ruth décolla sa main du sol et la posa sur l'épaule de Bruce pour la serrer brièvement. Puis, y ayant déposé un peu de terre, elle essuya machinalement son vêtement. Elle ne savait pas tellement pourquoi elle lui avait confié cela... Ce n'était pas quelque chose qu'elle confiait facilement et certainement pas au premier venu. Mais étrangement, avec lui, c'était venu tout seul... Peut-être... Peut-être parce que lui pouvait comprendre... Elle voulait qu'il comprenne, qu'il sache la délivrance qu'il lui avait apporté en se dévoilant à elle un peu plus tôt. Elle voulait qu'il soit conscient de sa reconnaissance.

- Mon fardeau s'allège en votre présence. Alors, même si je suis consciente que vous côtoyer est comme conserver deux produits dangereux l'un à côté de l'autre, et que si l'un bascule, l'autre le fera aussi, j'ai bien envie de finir mon voyage avec vous... avoua-t-elle finalement.


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Ce que Ruth ignorait, c’est qu’il serait toujours seul. Qu’importe comment évolueraient les hommes, qu’importe les changements du monde, il resterait toujours une menace, un danger, hors de contrôle, traqué, craint et convoité. Jusqu’à son dernier souffle, il serait seul. Et l’avenir et ses ombres le terrifiaient. Moins cependant que son alter ego, il ne craignait rien plus que Hulk. Rien plus que ce qu’il était, rien plus que lui-même. Il pouvait tout ravager, tout détruire, qu’est-ce qui l’empêcherait, s’il perdait totalement le contrôle, que se passerait-il ? Il s’était déjà battu contre ses amis, mais, il avait peur du jour où à son réveil, il n’en aurait plus aucun, il avait peur du jour où à son réveil, il serait un ennemi, pour les dernières personnes qui avaient eu encore un peu de foi en lui. Une foi sans doute qu’il ne méritait pas, mais il ne méritait pas ça non plus, il ne méritait pas ses tourments... le monstre qui voulait se croire encore humain, il eut un sourire sombre, dénué de vie.

Il se retourna vers elle en l’entendant lui répondre, surpris, gêné et fâché aussi. Surpris ? Pas tant que ça, il aurait du s’y attendre, pourtant ils se ressemblaient. Mais elle ignorait sans doute son incapacité à communiquer avec autrui sans… eh bien sans mener à ce genre de situation. Comme s’il n’eut pas suffit qu’il soit aussi sensible et instable, il fallut aussi qu’il soit inapte pour ce qui était d’être lié aux autres. Gêné ? Il pouvait la rassurer sur ce point, lui non plus n’aimait pas la pitié, il n’avait pas besoin que l’on ait pitié de lui comme si cela pouvait changer quelque chose à son état, au court dénué de son existence, ou encore à cette chose qu’il était. Elle avait raison, ça ne changeait rien, et ça ne rendait pas non plus honneur aux combats qu’ils livraient contre eux-mêmes. Cela étant, il lui proposait seulement d’aller ensembles à New-York, ce n’était pas une éloge à la misère de leurs conditions. Il était juste sensible à ses problèmes.

Il cherchait comment lui répondre pour dénouer leur différent, troublé par l’agitation de son esprit et de ses pensées lasses et fatiguées, quand elle continua sans lui laisser le temps de s’excuser. Il la laissa parlé, silencieux, scrutant la pénombre comme une peinture de la nuit, il n’avait pas voulu lui faire penser qu’il la sous-estimait, qu’il sous-estimait son combat, sa lutte, contre elle-même, ce n’était pas le cas, il savait trop bien le prix de ces guerres. Quand elle se tût, il continua de garder le silence, agité en dedans, il avait l’air seulement pensif d’extérieur. Il ne serait sans doute jamais fait pour ce monde, il n’aurait sans doute jamais sa place ici, ni ailleurs. Il s’était fait à cette idée, qu’il n’avait pas sa place, il s’était contenté jusque là de faire ce qu’il pouvait là où on avait besoin de lui, là où il y pouvait quelque chose. Il regarda ce qu’elle dessinait au sol, le signe de l’infini, son doigts s’enfonçait encore et encore dans la terre, dans les sillons de la boucle, elle n’avait pas de fin. Il y avait-il une fin prévue pour lui ? Est-ce qu’il y avait quoique ce soit de bon qui pouvait l’attendre ?

Elle releva son regard vers lui, il n’était plus très sûr d’avoir envie de parler, il croisa ses yeux, sentit sa tristesse. Il lui sourit doucement, de ce sourire triste, qu’il avait souvent. Elle était devenue plus bavarde, à présent que lui s’était tût. Cependant, à mesure qu’elle racontait son histoire, elle lui fournissait de plus en plus de questions à son sujet. Il ne comptait pas lui demander de réponses, pas pour le moment en tout cas. Il apprendrait tôt ou tard ce qu’elle cachait, en attendant, il préférait rester méfiant, et il avait de bonnes raisons de l’être. Si elle avait été étudiée en laboratoire, peut-être y avait-elle aussi subi un conditionnement, un conditionnement si jeune était extrêmement difficile à briser, ça pouvait expliquer aussi la fragilité de son état émotionnellement. Ce qui l’inquiétait, c’était de savoir si elle subissait toujours ce conditionnement, même si elle pouvait ne pas en être consciente, ou croire qu’elle s’en était libérée, comme ses paroles précédentes laissaient penser, et surtout, dans ce cas, qui se cachait derrière sa sincérité et son innocence qu’il était prêt à croire.

Ils avaient trop d’ennemis pour qu’il la sous-estime et à nouveau il se demandait s’ils s’étaient tombé dessus par hasard, ou si tout cela avait été minutieusement calculé, sans qu’elle-même puisse en avoir conscience. Une autre partie de lui par-ailleurs se mit aussi à le soupçonner d’être devenu paranoïaque, là encore, l’explication en était évident. Pourtant, il ne la questionna sur rien de tout cela, ni ne laissa percevoir ses doutes à son sujet. Déjà parce qu’il était conscient de sa crainte maladive du reste du genre humain, mais aussi parce qu’elle lui avait confié des secrets difficiles, pas parce qu’elle lui faisait confiance, parce qu’elle se reconnaissait en lui, parce que la seule réalité de son existence, et des ressemblances qui les rapprochaient, soulageait sa souffrance. Il voulait bien croire qu’elle disait vrai. Même si tout cela ne pouvait être très bien qu’un numéro pour lui faire baisser sa garde. Il aurait de toute façon visiblement tout le trajet jusqu’à New-York pour en savoir plus. Comme il le lui avait dit tout à l’heure, il ne la craignait pas, ni elle, ni personne. Le seul danger résidait en la possibilité qu’elle provoque une transformation non désirée avec ses pouvoirs, il tâcherait de rester attentif et concentré pour le prévoir et éviter que son contrôle ne lui échappe. Prévoir, analyser à l’avance les situations à risque pour les désamorcer avant qu’elles ne lui échappent, était un entraînement auquel il s’était rompu.

Il se tendit quand elle posa sa main sur son épaule, surprit par le contact physique qu’il appréciait peu et dont il n’avait toujours pas l’habitude. Il préférait le fuir, comme il fuyait les autres, quand il se transformait, il ne savait jamais par avance s’il arriverait à le contrôler, il ne savait pas, s’il ne risquait pas… si jamais quelqu’un se trouvait à proximité… Il y avait autre chose aussi, que personne ne savait, quelque chose que Talbot avait réveillé en lui, dans sa mémoire, mais Talbot était mort et les secrets les plus sombres et douloureux de Banner étaient morts avec lui. Il n’en avait jamais reparlé à personne, de toute façon, les gens se focalisaient souvent sur Hulk, il n’avait jamais reparlé de sa mère, ni de ce qu’avait fait son père. Il y avait toujours Ross, qui savait ce que David, ce que son père avait fait à sa mère, qu’il l’avait assassiné. Ross en savait sans doute même plus que lui sur un paquet de choses, comme sur les expériences de son père par exemple. Ross… Thaddeus Ross et David Banner… Deux autres monstres qui n’avaient jamais cessé de le hanter... Il ferma les yeux, serrant les paupières comme s’il voulait fuir une vision, la vision d’un fantôme.

Lorsqu’il les rouvrit, son cœur battait plus vite, il tourna son attention à nouveau sur Ruth, une partie de lui était au moins content qu’elle veuille l’accompagner. Il aimait la solitude, mais celle-ci ne l’aimait pas beaucoup en ce moment. Il était éprouvé et épuisé. Il la regarda un moment, cherchant ses mots, même s’il n’y avait pas grand-chose à dire pour eux. Pour ce qu’ils étaient. Leurs pensées mêmes n’étaient plus que blessures et plaies. Leur mémoire n’était que regrets. Il détourna son regard pour contempler encore les étoiles, avant de revenir vers elle.

- Tu sais, je suis encore pire que tu te l’imagines, plaisanta-t-il en souriant, je ne suis pas très bon pour communiquer avec les gens… et j’ai un très gros problème caractériel, mais ne t’en fais pas, je me contrôle.

C’était sa façon de s’excuser, et de lui faire comprendre que ça ne serait sans doute pas la dernière fois que ce qu’il disait risquait de ne pas lui convenir, il ne voulait pas être blessant, mais pour dire vrai, d’habitude il s’abstenait simplement de parler. Il était un peu moins effacé depuis qu’il fréquentait Stark, à son contact il lui avait appris à être moins soumis aux autres, même s’il craignait toujours d’être pris à partie dans les conflits, il fuyait le combat, parce qu’il savait qu’il gagnerait forcément… Il ne pouvait pas toujours resté en arrière cependant. Il se rappelait une fois être intervenu pour défendre une de ses amies à l’époque où il vivait à Rio, au risque de provoquer bien plus de dégâts si jamais il s’était transformé, mais il avait réussi à régler la situation sans Hulk, il s’était contrôlé, il avait pu s’opposer sans provoquer de catastrophes. Au côté de Tony, il s’était aussi opposé à Fury et au SHIELD quand ils avaient découvert ce qu’ils comptaient faire du cube. Dans les deux cas, son intégrité l’avait emporté sur la crainte que provoquait en lui les situations de conflits. On pouvait sûrement douter de son humanité, mais il ne voulait pas qu’on le prive en plus de son intégrité. Mêmes si les deux avaient plusieurs fois été attaqué.

Il se leva et fit quelques pas pour détendre ses jambes, sa fatigue physique n’équivalait pas celle psychologique, il sentait à peine la douleur dans ses jambes, mais sa tête commençait à lui faire l’effet de plusieurs clous enfoncés à coup de marteau dans ses pensées. Il fouilla dans sa poche à la recherche de ses clés de voiture, vérifiant qu’il les avait toujours, tâchant de détourner sa nervosité sur des préoccupations sans conséquences. Enfin, s’il avait vraiment du détourner sa nervosité sur sa voiture, ça n’aurait sans doute pas été sans conséquence. Déjà parce qu’il aurait du trouver un autre moyen de retourner à New York, ensuite parce qu’une certaine personne le tuerait, enfin essayerait, pour avoir ruiner un tel appareil, enfin et non des moindres, parce qu’il aurait sans doute détruit d’autres choses avec, dont ce restaurant où il avait laissé la moitié non terminée de son repas qui devait être froid maintenant.

- Si ça ne te dérange pas, j’ai besoin de dormir un peu avant de repartir, il y a un motel pas loin je crois, je te payerai ta chambre.


S’il parvenait à trouver le sommeil, mais il en avait besoin, ça devait faire bien plus d’heures qu’il était resté sans dormir qu’il ne pouvait se le permettre. Il avait toujours sinon des somnifères ou des calmants, au cas où, même s’il ne devait pas en abuser, pour éviter que son cerveau s’y habitue trop et que ça ne lui fasse plus d’effet, ça lui servait toujours en cas de crise où il sentait qu’il n’arrivait plus à garder le contrôle. Et puis, s’il parvenait à dormir seulement quelques heures, ça serait sans doute déjà mieux que rien.  



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Ruth sourit lorsqu'il lui répondit enfin. Un très gros problème caractériel, elle voulait bien le croire... L'euphémisme était amusant à entendre quand on savait de quoi Hulk était capable. Ruth se demanda alors combien de personnes ne l'avaient pas cru quand il leur avait dit qu'il ne fallait jamais le mettre en colère. Sans doute beaucoup trop, et ceux restés auprès de lui même après avoir assisté à cette colère devaient être rares... et uniques. Elle pouvait aussi comprendre qu'il avait du mal à communiquer avec les autres. Il avait été, et est toujours un scientifique, non ? Elle avait suffisamment côtoyé de genre de personne pour savoir que la majorité étaient plutôt du genre introvertis.
Et puis, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle-même avait des difficultés par moment. Car malgré tous les efforts qu'elle avait fait pour s'intégrer, il y avait des choses innée chez les gens qu'on ne gagnait pas lorsqu'on grandissait das un laboratoire. Ruth avait tout fait pour le cacher, voulant éviter de se faire remarquer par son étrangeté, éviter les questions indiscrètes. Mais au final, elle préférerait toujours les moment où elle était seule, dans un endroit calme. Les gens... La foule... C'était quand même quelque chose de terrifiant...

Elle se leva à son tour quelques instant après Bruce. Après tout, ils n'avaient plus grand chose à faire là... Ruth n'avait pas envie de retourner dans le restaurant, même si les 3 responsables de son dernier incident étaient partis un peu plus tôt. Elle n'avait juste pas envie de revoir cette télé qui parlait encore et encore du massacre qu'elle tentait de sortir de son esprit, voulant oublier du nombre de victimes dont elle avait été responsable. Ce n'était pas constructif de revoir un moment de sa vie tourner en boucle dans sa tête, elle devait aller de l'avant. Et rejoindre New York avec la compagnie de Banner semblait une bonne solution.
Ruth était venu jusqu'ici avec une moto qu'elle avait "emprunté" à une personne lambda à San Francisco. Elle pouvait très bien la laisser ici !! Elle n'avait presque plus d'essence, aussi avait-elle été sur le point de changer de véhicule de toute façon. La police la retrouverai et le propriétaire récupérerait bien assez tôt son bien, en bon état, enfin... Tant que personne n'avait l'idée de s'emparer de quelques pièces de la bécane, la personne à qui appartenait le deux roues devrait la retrouver en plutôt bon état.

Elle hocha la tête quand son nouveau partenaire de voyage parla de d'abord aller dormir quelques heures dans un motel pas loin. Il était... Et elle savait d'expérience que le manque de sommeil n'était pas bon pour ce qu'ils avaient. D'autant plus qu'elle avait eu du mal à trouver le sommeil depuis Utopia. Les souvenirs et le fait d'être dans un environnement plus vulnérable ne lui laissaient pas l'occasion de se détendre afin d'avoir un sommeil vraiment réparateur. Mais cette fois-ci, avec quelqu'un pour l'accompagner dans son voyage, peut-être réussirait-elle à dormir quelques heures de plus...

- Va pour le motel, approuva-t-elle. Mais, aussi curieux que cela puisse paraître, je préférerai dormir dans la même chambre... C'est... C'est juste que...

*...de cette manière je suis sûre que personne ne pourra venir m'attaquer dans mon sommeil et m'emmener sans que cela ne vous réveille vous aussi.* pensa-t-elle avant de secouer la tête, elle ne pouvait définitivement pas lui dire la vérité sur le coup, il voudrait comprendre et elle devrait se dévoiler davantage... chose qu'elle n'était pas prête à faire pour le moment.

- Désolé... Laissez tomber... Je suis un peu parano lorsque je suis hors d'Utopia. Mais je ne veux pas m'imposer alors... C'est pas grave.

Hors RP :
 


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Ruth Lion et Bruce Banner


Elle s’était levée après lui pour quitter tous deux leur cachette et regagner l’avant du restaurant et les voitures garées sur le parking de droite. Il s’était retourné vers elle, surpris par sa demande. Ce n’était pas tant le caractère tendancieux de la demande, Banner était bien trop loin de ce genre de réflexions pour y penser, mais ce que sa suspensions silencieuse finale laissait flotter de doutes, d’interrogations, et de craintes qu’elle n’osait dévoiler. Elle s’interrompit, sur le point de lui fournir des explications, avant de se raviser, était-ce seulement par gêne ? Il la regarda encore, soucieux, se demandant ce que ses silences et ses détours pouvaient bien cacher comme secret. Il comprenait ça, la paranoïa, depuis qu’il n’était plus aussi seul, il en souffrait un peu moins, mais il en était toujours sujet. Il avait des raisons pour ça, elle avait l’air d’en avoir aussi. Il avait été trop longtemps traqué pour ne pas reconnaître un fugitif en fuite.

- D’accord, t’en fais pas.

Il se retourna pour continuer vers le parking, réfléchissant, progressant dans la nuit de plus en plus mystérieuse. Était-elle vraiment poursuivie ? Fuirait-elle s’il lui posait la question ? Et toutes ses autres questions sans réponses, des murmures, des silences, qu’il gardait pour lui, devait-il les lui poser, ou seulement les ignorer et ignorer aussi les dangers qu’elle pouvait représenter. Ce n’était pas elle le danger, c’était lui, il se méfiait plus de lui-même que de n’importe qui d’autre. Il voulait poser une autre question plus anodine, mais qui ne l’était pas vraiment, si elle lui répondait, il pourrait peut-être en obtenir quelques informations, sinon elle pourrait penser qu’il essayait de la piéger. Et alors ? Elle aurait disparue dans la nature ? Ça n’aurait rien changé vraiment au court qu’aurait du avoir cette soirée, chacun de son côté, fugitifs isolés, solitaires. Si elle voulait rester avec lui, elle pouvait bien supporter quelques questions ? S’il le fallait, elle ne lui répondrait pas, ça n’aurait pas été la première fois depuis le début de leur rencontre. Il n’avait pas besoin de tendre des pièges aux gens, ou alors ce n’étaient que des guerres scientifiques, comme pour retrouver le cube, comme pour comprendre le plan de Loki, et du SHIELD, même si ça, ils ne l’avaient pas prévu. C’était du ressort de Tony, se méfier de leurs employeurs, poser des questions gênantes, faire des recherches jusqu’à qu’il obtienne les réponses qu’il voulait. Sinon, il n’avait pas besoin de tendre des pièges, il avait Hulk. Et elle savait très bien ce qu’elle risquait en restant avec lui.

- Tu es venue comment jusqu’ici ?

C’est vrai, si elle possédait une voiture ou un autre moyen de transport, elle n’allait pas le laisser au milieu de nulle part pour le suivre. Si l’abandonner là ne la dérangeait pas, c’était soit qu’elle avait volé son moyen de transport, soit qu’elle était suivie et qu’elle ne tenait vraiment pas à que l’on puisse suivre sa trace par ce moyen là, soit qu’elle était venue en stop ou par un autre moyen encore. Après tout lui-même n’avait-il pas traversé à l’époque toute une partie de l’Amérique centrale et des États-Unis à pieds, en bus, dans un véhicule volé, ou disons emprunté… Disons qu’il était endurant aussi, endurant et tenace, il ne savait pas ce qu’il en était de sa constitution physique. Tout en attendant de voir si elle allait lui répondre ou non, il tira de sa poche les clés de sa voiture tandis qu’il approchait du modèle sans doute le plus ostentatoire qui était garé sur le parking de ce restaurant paumé au milieu de rien.

D’un jaune vif, solaire, la voiture possédait des lignes puissantes, agressives, dessinant les courbures d’une créature véloce et puissante. Il entendait encore Stark dans sa tête râler sur les tas de ferrailles qu’il conduisait, il en avait l’habitude, c’était mieux, une vieille voiture discrète et usée, quand on préférait passer inaperçu. Il avait insisté, prétextant que le jour où il redeviendrait un fugitif, il n’aurait qu’à acheter la première poubelle qu’il trouverait d’occasion, mais qu’en attendant, il lui fallait quelque chose qu’il ne lui donne pas honte à l’idée que Banner se présente comme l’un de ses amis si jamais il se trouvait en bonne compagnie. C’était une plaisanterie bien sûre, et Banner aurait pu dire tout ce qu’il voulait pour se défendre, ça n’aurait rien changé à la détermination de Stark. Soit disant qu’il avait besoin d’un équipement technologique à la pointe, ça c’était bon pour Jarvis qui le suivait sans doute à la trace dès qu’il quittait l’état, ou qu’elle pouvait monter dans des pics de vitesse à plus de 300 kilomètres heure, quel intérêt ? Il respectait les limites des vitesses !  

"C'est à vous ou un ami vous l'a prêté ? Disons que... Je ne vous voyais pas conduire quelque chose d'aussi... voyant."  

Gêné il ouvrit la porte passager pour qu’elle puisse s’installer. L’intérieur était confortable, à part l’équipement technologique de pointe, rien d’autre ne laissait paraître le luxe  de l’appareil, sinon sa sobriété et sa beauté intérieure comme extérieure, simple, mais efficace. Lui non plus en fait ne s’était pas vraiment vu conduire ça, c’était exactement ce qu’il avait répondu à Stark… Quant au choix de la couleur… il trouvait le jaune joyeux et apaisant. Il s’installa de son côté et démarra, les phrases illuminèrent les ténèbres du parking, immobile et silencieux devant eux, les rugissements du moteur puisant interrompirent ce silence tranquille.

- Moi non plus… Disons, qu’on m’a forcé à la prendre.

Il eut un sourire, un peu moins du à sa nervosité, qu’à un réel sentiment amusé qui le traversa à l’idée de toutes les disputes amicales qu’il avait avec son ami, Tony le détendait, Ruth aussi l’apaisait un peu malgré la méfiance qu’il gardait envers elle. En plus il ne la conduisait jamais, sauf quand il sortait de New York pour ce genre d’occasion. Il s’était mis un peu à la moto aussi, il en possédait une.

- En plus New-York est impraticable en voiture…

Elle ne lui servait vraiment à rien. Quand il était en mission, ils utilisaient le matériel mis à la disposition des Avengers, souvent développé par Stark Industries, ou prêté par le SHIELD, ce qui revenait rapidement à la même chose. Et quand il se trouvait obligé de sortir son nez dehors, il préférait encore se déplacer à pied ou en vélo, le métro comme le taxi étaient des transports à proscrire. Quoique encore, il avait supporté le taxi, il l’avait même repris plusieurs fois. Il ne savait pas qu’est-ce qui était le pire concernant New York, c’était plutôt un tout en fait. Il enviait la capacité de Tony, enfin de ses armures, pour la possibilité de se déplacer par les airs sans rencontrer tous les problèmes que représentait la surface de New York. Il pouvait lui aussi, par bonds gigantesques, en écrasant tous les immeubles sur son passage et en détruisant routes, voitures, sur lesquels il s’écraserait, sans compter les victimes.

Approchant du motel ils quittèrent la route qu’ils avaient suivit pour quelques courtes minutes et rejoignirent le parking sur lequel ils s’arrêtèrent avant de descendre pour rejoindre l’accueil, en espérant qu’il leur reste des chambres. Tout comme le restaurant, l’établissement routier ne payait pas de mine, c’était exactement le même genre d’hôtel où il se serait rendu au besoin s’il avait été en fuite, discret et simple il était destiné à l’usage des voyageurs, et aussi pour quelques autres usages qui ne les concernaient pas. Dans le hall, ils furent accueilli par une réceptionniste, une femme plutôt âgée, qui prit leur réservation et leur donna leur clé une fois que Bruce eut payé pour eux deux. Elle leur avait lancé un air sévère et réprobateur en les regardant tous deux, la jolie jeune fille et le docteur quarantenaire, quand ils avaient demandé une chambre, avec deux lits simples séparés, comme ils s’étaient empressés de rajouter.  



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Ruth ne sut pas si c'était pour éviter d'être indiscret, de la faire fuir ou se braquer ou parce qu'il n'osait tout simplement pas, mais il eu la délicatesse de ne pas rebondir sur sa demande étrange. Loin d'être idiote, elle savait que les regards qu'il lui lançaient étaient remplis de doutes non formulés. Et il avait parfaitement raison. Elle avait beau lui avoir dit beaucoup de choses, elle ne lui avait en rien dévoilé l'essentiel. Et elle espérait ne jamais avoir à le faire... Bruce était quelqu'un de compréhensif et délicat, sûrement dû au fait que leur mode de vie se ressemblait et à son attitude nécessairement calme. Et elle ne voulait en rien qu'il en vienne à regretter la générosité qu'il faisait preuve à son égard...
Alors peut-être qu'un jour, si jamais ils continuaient à se côtoyer et si jamais la confiance commençait à se tracer un chemin entre les deux, peut-être qu'elle lui parlerait à cœur ouvert. Et elle verrait alors s'il l'accepterait dans son entièreté ou la verrait comme une ennemie... Mais ce n'était pas maintenant, ils n'y étaient pas encore... Il ne fallait pas brûler les étapes, surtout pas brûler les étapes... A la place des questions indiscrètes que la jeune femme avait craint, il préféra poser une toute autre question, une question d'ordre plus pratique. Elle resta interloquée quelques instants, prise au dépourvu par ce changement de sujet qui la ramenait dans la réalité, loin de ses secrets.

- Ah !! Euh... Je suis venue en moto, dit-elle alors qu'ils regagnaient le parking. Mais ce n'est pas la mienne, donc je peux la laisser là. Son propriétaire la retrouvera bien assez tôt... Et vous ? Comment êtes-v...

Son regard se posa alors sur la voiture vers laquelle Bruce se dirigeait. Elle haussa les sourcils, plus que surprise par le contraste entre le véhicule et la personne qui en était le conducteur. C'était étrange, mais Ruth visualisait plus l'autre homme conduisant une voiture au design plus souple et à la couleur plus neutre... Tout plutôt que l'engin sportif et au jaune vif auquel elle faisait face !! Elle ne put d'ailleurs que lui faire part de sa surprise, surprise auquel il répondit d'abord avec sa gêne habituelle avant d'avouer qu'un ami l'avait forcé à la prendre, non sans un sourire au coin. Un vrai sourire... Elle gagna l'intérieur du véhicule, qui méritait plus d'être appelé "Bolide" que le simple mot "Voiture" et fut rapidement captivée par toute la technologie présente. Cette voiture devait valoir le prix d'une maison.
Mais elle se rectifia dès que Bruce mit le contact. En fait, rien que le moteur devait valoir le prix d'une maison... Et alors qu'ils s'éloignaient enfin du restaurant, en direction du motel, Ruth se détendit un peu plus. Elle hocha la tête en entendant la remarque de son compagnon de voyage sur New York et la circulation. Elle se demanda même intérieurement comme il faisait pour ne pas perdre la tête alors qu'il vivait dans une ville pareille. Mais après tout, c'était peut-être pour ça qu'il s'en était éloigné... Mais elle resta parfaitement silencieuse, son regard fixait la route, analysant chaque point de repère qui lui permettrait de se situer géographiquement. C'était un automatisme qu'elle avait depuis un bon bout de temps... toujours savoir où elle était et où on l'emmenait.

Toutefois, le motel n'était vraiment pas loin et le trajet ne dura que l'espace de quelques minutes. Une fois le moteur éteint, Ruth quitta la voiture et rabattit sa capuche sur la tête. Le motel ne payait pas de mine, mais une ou deux caméras de surveillance étaient certainement présentes dans les couloirs et la réceptions, sécurité oblige... Et si elle voulait pouvoir dormir sans recevoir de visiteurs indésirables, il valait mieux que son visage ne soit pas filmé. Et puis c'était toujours mieux si personne ne voyait sa chevelure rouge, plutôt distinctif quand on était au milieu de nul part.
Elle laissa Bruce gérer la réservation et le paiement, restant en arrière, la tête basse et absorbée par la contemplation de ses ongles. Elle devait paraître timide et réservée de cette manière. Mais tant qu'elle ne croisait pas le regard de la réceptionniste, celle-ci avait peu de chances de retenir son visage. La jeune femme faillit relever brusquement la tête pour regarder Bruce quand elle l'entendit ne demander qu'une chambre. Elle se retint à la dernière minute, mais elle n'en fut pas moins touchée pour autant. Sa demande n'avait eu aucun sens, elle ignorait même si ça ne le gênait pas davantage de dormir avec une étrangère dans la même pièce. Et pourtant il y avait cédé... Bon sang, Bruce était vraiment un type bien...

Elle n'enleva sa capuche que lorsqu'ils refermèrent la porte de la chambre derrière eux. Sans pour autant se permettre de souffler tout de suite, Ruth regarda la chambre sous tous les angles, analysant chaque entrée, cachette et sortie de la pièce et de la minuscule salle de bain qui y était rattachée. Elle baissa les stores devant la vitre et ce n'est qu'après ça qu'elle se permis de s'asseoir sur un des deux lits. Elle avait fait tout cela instinctivement et, elle l'espérait, le plus discrètement possible. Mieux valait ne pas donner d'autres occasions à l'homme qui l'accompagnait de vouloir lui poser plus de questions encore. Ruth regarda celui-ci et lui adressa un mince sourire, gardant le silence d'un air obstiné. Rien que le fait d'avoir cédé à son caprice sans demander plus d'explications méritait des réponses... Si seulement elle pouvait se le permettre sans tout risquer...

- Je vais me passer sous l'eau...

C'était une méthode pour fuir le silence gêné qui allait suivre comme une autre. Et Ruth partit se réfugier dans la salle de bain. Tout en se déshabillant, elle enleva son arme à feu de son holster situé entre ses deux reins, la grosseur de l'arme étant dissimulé par son manteau. Elle caressa machinalement du pouce la rayure qu'elle avait fait à la base de la crosse. Ce geste l'apaisa... L'arme elle-même était une présence rassurante dans son dos. Cela lui rappelait continuellement qu'elle n'était pas sans défenses, qu'elle pouvait se protéger sans avoir recours à son feu. Cette arme, malgré son côté menaçant et inquiétant, lui rappelait qu'elle n'était pas qu'une bombe vivante... Mais cela restait une arme...
Dans un soupir las et fatigué, elle alla se glisser sous l'eau chaude pendant plusieurs longues minutes, laissant au jet d'eau le soin de dénouer les muscles de son dos toujours contractés après son récent incident. Elle avait toujours préféré les douches aux bain pour cela... Quand elle en sortit, son esprit avait vagabondé partout et nulle part à la fois et l'eau chaude avait commencé à endormir ses sens. Elle choisit de ne remettre que sa culotte, son T-shirt et son pantalon et enroula le reste de ses affaires autour de son arme. Ses cheveux étaient humidifiés à cause de la douche mais il sécheraient comme ça. Ce genre de préoccupations simples l'aidaient à ne se concentrer que sur l'instant présent, à calmer sa paranoïa et à laisser le calme l'envahir. C'était la meilleur manière si elle voulait trouver le sommeil sans se shooter aux somnifères toutes les nuits. Et quand elle sortit et qu'elle posa ses affaires près de son lit, elle était enfin prête à s'allonger.

Hors RP :
 


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La chambre était simple et sommaire, deux lits, deux petits rangements, un poste télé qui devait dater du siècle dernier, et une salle de bain qu’emprunta Ruth après avoir baissé les stores de la fenêtre et étudié minutieusement les deux petites pièces. Banner lui laissa la douche et s’allongea un moment sur le lit, les yeux rivés sur le plafond dont il observait chaque imperfection. Il n’avait rien emporté avec lui, sinon un ordinateur, une brosse à dent, et quelques affaires personnelles. Il était fatigué, il ne dormait plus depuis longtemps, c’était pour ça qu’il avait attendu d’être épuisé pour dormir, pour essayer de trouver le sommeil qui le fuyait, mais qui lui était nécessaire pour tenir. Ruth prit son temps dans la salle de bain, il prit sa suite quand elle en sortit, emportant avec lui toutes ses affaires, dont son précieux ordinateur dont il préférait ne pas se séparer en la compagnie de la jeune femme, il essaya à son tour la technique de la douche chaude, ça n’avait jamais très bien marché, peu de choses avaient réellement de l’effet sur lui.

On aurait pu croire qu’au moins déchaîner Hulk permettrait d’expulser la part négative de ses sentiments, mais ils ne faisaient que croître en réalité, chaque transformation, chaque fois qu’il devenait ce monstre, au détriment de sa nature d’homme, chaque perte de contrôle, chaque destruction, chaque victime, étaient autant de haine, de rage, de désespoir, de souffrance. Et ce qu’il perdait, il ne le regagnait jamais complètement. Il s’assit sous le jet brûlant, recroquevillant ses genoux sur sa poitrine et plongeant son visage entre ses mains. Il ne savait pas faire face, il n’avait jamais pu faire face. Il avait appris, beaucoup et longtemps, il continuait de s’efforcer à trouver de nouveaux moyens pour mieux contrôler Hulk, enfin, l’autre. Mais, ce n’était pas suffisant, ça ne l’était jamais, ça ne le serait jamais. Il était condamné à perdre progressivement son humanité, jusqu’à qu’il ne demeure plus qu’un monstre sous sa chair blessée, à vif. Il releva la tête pour s’adosser au mur et déplia ses jambes pour prendre une posture méditative, il demeura ainsi un long moment sous l’eau de la douche, s’exerçant à faire le vide dans son esprit et à canaliser sa colère en traitant objectivement ses sentiments. Il commençait à avoir l’habitude de l’exercice.

Il sortit un moment plus tard, retrouvant le calme et le silence de la petite chambre plongée dans la pénombre de la nuit. Il s’allongea et en observant le plafond, il chercha à visualiser le ciel dehors, la voûte étoilée, il projeta son esprit dans le système solaire et contempla la beauté des planètes qui gravitaient autour du soleil, chacune étaient merveilleuses, de loin, il pouvait caresser de ses yeux la Terre, observer la beauté de Jupiter, admirer Vénus. Il s’éloigna, pour admirer l’amas de la galaxie, ces étoiles scintillantes, ces planètes, inconnues, lointaines, mystérieuses, tant de terres inexplorées par-delà l’Univers, ou se tapissaient autant d’êtres étrangers. Il s’endormit ainsi, sur la pensée des Krees, et des forces, des puissances, inconnues, insoupçonnées, qui menaçaient leur monde, de la crainte, de la peur, de la misère, de la destruction. Il plongea dans les ténèbres, comme on voyage dans des limbes, le ciel s’ouvrit sur un éclat incandescent, de lumières éclatantes, qui dévoraient la nuit de flammes, la foule sanglante mêlaient les voix de ses hurlements aux crépitements du feu. Il ne distinguait rien, qu’une mer d’images et de sons qui se fondaient les unes aux autres dans un conglomérat de cauchemar.

Un cri l’éveilla, il ne reconnu pas sa propre voix. Fébrile, il chercha autour de lui à reconnaître l’endroit où il se trouvait, haletant, tremblant, incapable de respirer. Ses yeux perdus scrutaient l’ombre, mais il ne voyait rien, seulement un amas flous de visions. Recroquevillé dans le lit, il prit sa tête entre ses mains, il ne comptait plus les nuits de cauchemars, il ne se souvenait plus même d’un seul sommeil où il ne fut pas réveillé par ses propres terreurs. Il se releva, chancelant, fit quelques pas jusqu’à la porte dont il tira le verrou pour s’enfuir dehors, retrouvant la fraîcheur de la nuit teintée de l’aube qui s’apprêtait à naître dans l’horizon désert. Ses mains s’agrippèrent à la rambarde en métal qu’il serra de toutes ses forces. Il se força à inspirer profondément, jusqu’à que les battements de son cœur reprennent un rythme normal. Rouvrant ses yeux, il contempla la nuit qui se finissait, il resta là un moment, cherchant à reprendre son calme, reprendre le contrôle. Il avait sans doute réveillé Ruth, il n’avait pas voulu lui faire peur, ses cauchemars étaient très fréquents et ils ne lui provoquaient jamais de transformation, même si pendant un moment, ça le rendait particulièrement plus vulnérable.

La tempête passée, Ruth bien réveillée et prête à partir, lui-même n’avait pas préféré se recoucher et avait choisi plutôt de prendre à nouveau une douche pour calmer un peu ses nerfs, ils purent repartir et reprendre leur route à bord de la voiture de Banner que la jeune femme avait déjà trouvé beaucoup trop ostentatoire de nuit, alors qu’allait-il en être de jour ? C’est vrai qu’il avait commencé à s’y habituer, un peu, son confort et le plaisir que pouvait offrir sa conduite faisait vite oublier son excentricité, en même temps la fréquentation de Stark avait sans doute développé autrement ses goûts. Ils foncèrent à travers tout l’état pour pénétrer bientôt dans le Kentucky, traversant les paysages de ses plaines et de ses prairies immenses bordées de bois, courant en vallons par-delà les routes, au-delà desquelles les attendait la West Virginia, la Pennsylvanie et enfin New-York qui leur tendait les bras. Enfin, ce n’était qu’une façon de parler, il n’avait jamais vraiment trouvé New-York très accueillant. Il se demandait d’ailleurs pourquoi une fille comme Ruth avait envie de s’y rendre ? Il avait fui cette ville pendant près de quinze ans, aujourd’hui il était forcé d’y résider, mais s’il en avait le choix, il n’y aurait plus jamais remis les pieds.  

- Tu as une raison particulière d’aller à New-York ? Je veux dire, c’est pas une ville très agréable à vivre.

Lui avait-il posé la question, après s’être excusé pour le réveil brutal et lui avoir demandé si elle avait bien dormi. Elle n’était pas obligé de lui répondre, après tout de nombreuses raisons très personnelles pouvaient la pousser à se rendre là-bas, il avait remarqué qu’elle n’était pas très bavarde ni très encline à dévoiler ses plans et ses motivations. Un moment plus tard, alors qu’ils venaient de sortir d’un léger encombrement du trafic routier, son portable le prévint d’un appel, accompagné d’une musique très distinctive, la sonnerie de Tony. Il se résigna à répondre au cas où cela soit important, même s’il disposait d’un moyen d’alerte spécial en cas d’attaques ou de crises nécessitant la réunion et l’action immédiate des Avengers. Il glissa une oreillette sans fil à son oreille connectée à son téléphone et reçu l’appel :

- Salut, je suis pas tout seul, t’avais besoin de quelque chose ?

Prévint-il de sorte à éviter certaines mauvaises surprises. Mais visiblement, à la réponse de Tony, il n’y avait pas l’air d’y avoir d’urgences nationales.

« Sommes-nous seuls, telle est la question, mon ami. Est-ce que j'ai besoin de quelque chose, mhhhhh, pas vraiment. Tu ne saurais pas où j'ai mis les clés de la remise ? »

Sa question le prit par surprise, outre le fait qu’il se demanda pendant un instant s’il n’était pas ivre, mais la réponse tombait sous le sens, il s’étonna perplexe :

- La quoi ? La remise ? Non j’en sais rien, t’as demandé à Pepper ?

Il soupira en entendant sa réponse, passant une main sur son visage, lasse mais tellement convenu, il s’étonnait même qu’il ne l’ait pas encore appelé pour ça, c’était maintenant chose faite et il n’avait pas vraiment de réponse à sa question.

« Pepper est en Allemagne pour une réunion avec nos partenaires, elle n'en sait pas plus  et... Bruce qu'est-ce que tu fais au milieu de nul part ? »


Comment lui faire comprendre qu’il n’avait aucune raison, sinon les mêmes qu’à chaque fois qu’il s’échappait de New-York.

- Rien… Je rentre bientôt à New-York.

Évidemment, ça ne lui convint pas ni ne pu le convaincre du bien fondé de son escapade, au lieu de lui répondre avec emportement, ce qui parfois lui arrivait en ce moment, il préféra l’humour absurde que Banner lui préférait à la colère que son état émotionnel pouvait parfois faire naître chez lui ces temps-ci. 

« Bruce, JARVIS ment mieux que toi. Qu'Est-ce que tu me caches , mh?  Tu es allé m'acheter des cigares? Un bon malt ? »

Il eut un sourire, presque un rire léger, discret, caché derrière les traits de son visage bien trop sérieux et bien trop triste pour rire.

_ Je pourrais t'en prendre sur la route si tu veux, et je suis sûr que Jarvis peut tracer ma voiture, j'ai juste... été faire un tour.


L’écran du système de navigation incorporé au tableau de bord se brouilla laissant apparaître un Stark visiblement épuisé et à cran, sa voix sombre résonna dans l’habitacle de la voiture tandis qu’il le dévisageait à travers l’écran :

« Un tour ? Quel tour ? »


Il secoua la tête, nerveux, mais habitué aux invasions de Tony dans son espace personnel, il n’aimait pas juste le laisser tranquille, il avait toujours besoin de savoir, de comprendre, de connaître, et de provoquer aussi. Il lui sourit, tendu et sur la défensive :

- Un tour juste, t’avais besoin de quelque chose Tony ?

Il le vit plisser les yeux, en le regardant, comme ailleurs soudainement, avant de reprendre sur un ton beaucoup trop élégant pour ce que ses propos laissaient sous-entendre :

" Bruce ... quand tu dis pas seul ... tu sais que j'aurais pu te donner des adresses de charmantes jeunes filles ... clean et tout. "

Terriblement gêné il retint un hoquet de surprise avant de retourner son regard sur la route effondré de honte, il lui répondit, balbutiant et perdu :

- Quoi ? Mais non, C'est juste une fille que j'ai rencontré en route, elle allait à New York et je rentrais... Elle doit avoir 20 ans de moins que moi…

Il cherchait ses mots, tachant de ne pas perdre son calme malgré les attaques verbales de Tony qui continua en le sermonnant :

« On ne prend pas les gens en stop, Bruce. Sans vouloir vous offenser mademoiselle ....c'est bien une mademoiselle ...oui , elle .... Mhhhh, ça ne m'a jamais dérangé. »


Ses yeux naviguèrent dans l’habitacle pour apercevoir Ruth, Banner n’osa pas retourner ses yeux vers elle mais il fusilla du regard l’écran et Tony, avant de se raviser et de ravaler sa colère pour reprendre toujours sur la défensive et à présent irrité :

- Tony... ! Et puis je l'ai pas prise en stop, c'est compliqué, enfin non... elle avait des ennuis…

Il eut un sourire avant de lui répondre un :

« Oh suggar daddy... »

Banner baissa la tête et passa sa main sur son front, consterné et mortifié par la honte.

- Quoi ? Et arrête de t’imaginer des trucs…


Reprit-il en retournant son regard concentré, du moins il essayait, sur la route désormais vide. Heureusement, il ne manquerait plus qu’il ait un accident…

« Rieeen....c'est quoi votre petit nom demoiselle? Quand Clint va savoir ça ....ooouuuh »

Il souffla profondément pour canaliser son stress et sa nervosité, inutile, il le savait déjà, quant à sa dernière menace, il ne vivrait pas assez longtemps pour la mettre à exécution, il plaisantait évidemment, mais l’idée de prendre cette pensée au sérieux le soulageait un peu.

- Mais.. t'as pas besoin de le savoir, t'es pas obligé de lui répondre, précisa-t-il à Ruth en se tournant vers elle avant de retourner son regard sur la route en s’adressant de nouveau à Tony, et c'est pas la peine de le raconter aux autres, je la ramène juste à New-York...

Il prit un air condescendant, surjoué, absolument détestable, ça et sa façon des fois de prendre cet espèce d’air moralisateur et paternaliste, il détestait les airs paternaliste, il détestait les pères.

« Bruce Banner, c'est un pays libre, laisse là donc user de ses cordes vocales si elle veut. Juste la ramener hein ? Et de quels ennuis tu l'as sorti, oh preux chevalier ? »

Il souffla, ça, il pouvait au moins lui répondre, enfin, en partie. Il ne comptait pas lui mentir, il lui parlerait de Ruth plus tard s’il le voulait, mais il ne comptait pas dévoiler sa nature mutante devant elle, elle aurait sans doute pris peur.

- Oui... rien, une dispute qui n’a même pas eu lieu.. mais j'aime pas les disputes, je préfère les éviter…

Il espérait au moins que cette réponse lui irait et qu’il n’aurait pas besoin d’en raconter plus. Il l’aurait su de toute façon s’il y avait eu un incident, et il ne le lui aurait pas caché par ailleurs, ça aussi il le savait.

« Quoiqu'il en soit… maintenant que je me rappelle, Ghandi tu dois être là pour un meeting ce soir… ordres du Cap. Je ne sais pas encore si j'irai...tu seras mon représentant. »

Il leva les yeux au ciel avant de reprendre la parole, un peu plus calme qu’auparavant, adoptant cet air détaché qui pour un peu l’aurait fait paraître parfaitement détendu si Tony ne le connaissait pas si bien.

- Ok, j'y serais, et je peux savoir pourquoi toi tu n’y serais pas ?


Il n’avait que peu d’espoir sur la pertinence de la réponse qui ne traîna pas :

« Tout simplement parce que ça m'endort. A bientôt suggar daddy. »





Il lui fit un clin d’œil à travers l’écran avant de couper la communication, les laissant avec la chanson Suggar Daddy de Hedwig and the Angry Inch dont le son envahi bientôt l’intérieur de la voiture, diffusé par le poste auto-radio qui ne lui avait pris que quelques secondes sans doute à pirater.


Spoiler:
 




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Malgré sa fatigue évidente, Ruth mit du temps avant de s'endormir, l'esprit chargé de tout ce qu'il s'était passé en une soirée. Elle avait eu un incident, avait rencontré un Avengers doté tout simplement des mêmes contraintes qu'elle et qui allait l'accompagner à New York... Cela avait fait beaucoup de choses à encaisser en l'espace de quelques heures... Toutefois, la migraine qui l'avait pris peu après son incident commençait à s'accentuer à cause de la fatigue, aussi se força-t-elle à fermer les yeux. Elle compta de 100 à 1, appliquant ainsi un exercice qu'on lui avait enseigné pour discipliner son esprit. Et lorsqu'elle arriva à 0, elle s'était endormie.
Elle fut réveillée un peu plus tard par un cri. Sa main avait instinctivement glissé jusqu'à son arme camouflée dans ses vêtements avant qu'elle ne se souvienne où elle se trouvait et avec qui. Elle se forma à garder une respiration normale pour tenter de calmer les battements de son cœur, laissant Bruce se calmer seul de son côté. Elle enfonça son visage dans son oreiller, le bras toujours en direction de son arme, une présence constante... rassurante... Tout allait bien. Elle était en sécurité... Tout allait bien... Ce n'était que son compagnon de route qui avait fait un cauchemar, juste un cauchemar rien de plus. Les cauchemars avaient toujours été la chose que craignait le plus Ruth. Avant de discipliner son esprit, elle s'enflammait à chaque fois qu'elle se réveillait en sursaut. Et encore aujourd'hui, même au mieux de sa forme, faire des cauchemars était... son cauchemar.

Le reste de la nuit se passa sans autres problèmes, la jeune femme ayant réussi à se rendormir plus ou moins facilement. Puis le matin finit par arriver et ils furent de retour sur la route. Ruth devait bien reconnaître une chose, c'est qu'en plus d'être rapide et très bien équipée, la voiture de Bruce était d'un confortable hors normes. Elle était d'ailleurs lovée dans son siège, les pieds sur le tableau de bord en train de regarder l'extérieur quand son "chauffeur" lui posa une question. Ils n'avaient pas beaucoup parlé depuis le matin, à peine des excuses un peu plus tôt pour son cauchemar suivit de politesses. Et maintenant que New York n'était plus très loin, la fin de leur entrevue allait bientôt arriver.
Ruth aurait pu être déçue de ne pas avoir pu échanger plus de choses avec l'Avengers. Mais le simple fait d'avoir passé une journée avec un être lui étant semblable, une journée normale, sans crainte et sans jugements, était quelque chose de précieux pour Ruth. Elle aurait aussi aimé pouvoir la passer sans secrets, mais on ne pouvait pas tout avoir... La mutante se redressa suite à sa question, enlevant ses pieds du tableau de bord. Pourquoi New York ? Il est vrai que Ruth n'avait pas réfléchis longtemps avant de choisir cette ville. Un endroit loin d'Utopia, avec une grosse foule où se cacher et pleines de surhumains aux bon cœur pouvant ralentir la progression de l'HYDRA au cas où celle-ci se montrait... Ça lui avait paru plutôt évident...

- New York ? répéta-t-elle avant de s'étirer du mieux qu'elle pouvait dans l'espace restreint. Je sais pas trop en fait... C'est une ville de super-héros, loin d'Utopia... Et puis j'aime bien central Park.

Elle haussa les épaules en souriant face à sa réponse. Comme d'habitude, elle était proche de la vérité mais cachait toujours quelque chose d'autre, une vérité qu'elle n'était pas prête à partager pour le moment. Ce n'est pas qu'elle ne croyait pas en la parole de Bruce. Elle le sentait se frayer peu à peu un chemin à travers ses couches de méfiances avec sa prévenance et sa compréhension. Mais elle n'était pas prête, c'était encore trop tôt... Un jour elle ferait tomber les masques. Que cela soit avec lui ou un autre, un jour elle confierait tous ses secrets. Mais ce n'était certainement pas maintenant... Pas aujourd'hui.

Peu après, alors que Ruth était en train d'explorer les options disponibles présenté par l'écran tactile du tableau de bord, le téléphone de Bruce sonna. Son esprit alerte la fit relever vivement la tête et enlever son doigt de ce qu'elle était en train de faire. Se rasseyant dans son siège passager, elle écouta attentivement les paroles de Bruce, tentant de deviner à qui il pouvait parler. Elle avait du mal à deviner s'il parlait à un ami ou un enfant. Mais en tout cas, l'affection qu'il éprouvait pour cette personne était évidente.
Mais alors que les mots "JARVIS" en plus de "Pepper" étaient sur le point de lui mettre la puce à l'oreille, le visage de Tony Stark apparu sur l'écran du tableau de bord. Ruth haussa les sourcils, surprise, et recula d'instinct, tournant la tête vers la vitre de la voiture, la main sur le front pour cacher son visage, soudain captivée par l'extérieur. Le visage du célèbre Iron man était épuisé et à cran, mais il ne semblait rien avoir perdu de son sens de la répartie, ni dans l'art de déstabiliser son entourage.

Alors qu'elle commençait à se sentir gênée pour Bruce qui se faisait littéralement harceler à cause de son escapade en dehors de New York sans explications, quand soudain le milliardaire se rendit compte de sa présence. Elle écarquilla les yeux face au duel verbal qui eu ensuite lieu. Au fur et à mesure qu'elle entendait les paroles amusée de l'ami de Bruce, la jeune femme pinçait les lèvres. Bon sang, était-il seulement sérieux quand il disait des choses pareils ? Elle ne s'autorisa à décoller son visage de la vitre qu'après la fin de l'appel. Un sourire crispé ne quittait pas son visage et elle regarda Bruce, les yeux rieurs alors que la musique qui suivit l'appel englobait l'espace restreint du véhicule.

- Laisse-moi deviner... dit-elle en prenant instinctivement le tutoiement. C'est lui l'ami qui t'a imposé cette voiture, c'est ça ?

Ruth se mordit les lèvres en soupirant, clairement amusée parce qu'il venait de se passer. Elle venait d'avoir un aperçu de l'ambiance au sein des Avengers, une ambiance décomplexée et surtout sans gêne. La mutante se demandait si elle arriverait à gérer une amitié aussi envahissante que celle que venait de lui démontrer Tony Stark. Vu les secrets qu'elle se trimbalait, il valait mieux pour elle qu'elle reste à l'écart de ce genre de personnes. Toutefois, il côtoyait Bruce naturellement, sans méfiance ou prévenance quelconque... Il était, aussi étrange cela pouvait-il paraître vu son comportement, naturelle tout en étant conscient de la personne à qui il parlait. Dans un soupir, Ruth appuya sa tête sur le dossier. Bruce avait quand même trouvé un bien beau refuge parmi les Avengers.

- Étrange de voir le vrai visage de Tony Stark, celui derrière les caméras et les flashs des appareils photos, commenta-t-elle, voulant d'un coup converser. Le contraste est aussi flagrant que celui entre toi et Hulk... Il est toujours comme ça où il traverse sa crise d'adolescence ? ajouta-t-elle en gardant un visage plus que sérieux malgré l'ironie cynique de sa remarque.


Ruth Lion ~ Sujet R

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Il tourna son visage vers elle une seconde avant de regarder à nouveau la route au devant, appuyant sur l’accélérateur, soudainement pressé par les dernières paroles de Tony, ils n’étaient pas encore arrivé à New York et ils devaient y être avant la nuit. Malgré sa gêne passée, il avait esquissé un sourire amusé en réaction au propre amusement de Ruth suite à la conversation qu’elle avait pu à ses dépends entendre. Il n’était pour autant pas tout à fait départi de sa honte, il n’était pas vraiment comme Tony, il n’avait pas les mêmes rapports avec les autres et il lui arrivait bien plus souvent qu’à lui d’expérimenter de l’embarras comme en ce moment. Il hocha la tête avant d’étouffer un oui timide tandis qu’elle continuait, brisant le silence qui s’était installé au début du voyage au matin. Ça ne le dérangeait pas de parler avec elle, malgré la gêne qu’il éprouvait à cet instant.

- C’est quelqu’un de compliqué. On pourrait voir ça comme ça, mais, ce n’est pas vraiment juste qu’une sorte de crise de la quarantaine, Stark a toujours été excentrique et extravagant…

C’était difficile à expliquer, parce qu’il ne voulait pas parler de Tony à une inconnue, pas Tony Stark, le génie play-boy philanthrope milliardaire, l’autre Tony, celui derrière les caméras, les flashs des appareils photos, celui qu’on connaissait moins, celui qui ne laissait pas paraître sa détresse, son désespoir, sa souffrance, il ne voulait pas livrer cette intimité là à Ruth, comme il n’aurait pas voulu qu’un autre parle à un inconnu de ses propres souffrances. Il resta pensif un instant, reprenant complètement son sérieux, les dernières années, Tony avait eu aussi sa part de difficultés, d’épreuves, de blessures. Ça avait commencé avec la naissance d’Iron Man, la blessure mortelle, le sursis, le mort qui marche, la trahison de Stane, puis, son état s’était aggravé, le générateur qui le protégeait de la mort, l’entraînait lentement vers celle-ci, le palladium était un poison pour son corps autant que les éclats de schrapnel menaçaient son cœur. Ensuite il y avait eu New-York, il y avait rencontré la mort encore une fois, il s’en était échappé, de peu, sauvé par un peu de chance et un peu de Hulk. La mort le terrifiait, mais ce n’était pas tout, il y avait la menace, cette menace inconnue de l’autre bout de l’univers, qui était réapparue avec l’invasion Kree, après les Chitauris, après tout ce qu’ils avaient tous traversé. Le Mandarin, Extremis, les attentats, avoir vu la femme qu’il aimait torturée, l’avoir vu sombrer dans les flammes, l’avoir cru morte… Tony avait touché le fond, et personne ne pensait qu’il pouvait y avoir encore détresse plus sombre, plus profonde, mais il y avait eu les Krees, il y avait la guerre, il y avait tout ce qui était encore à venir.

C’est pour tout ça qu’il était revenu, c’est pour ce monde en péril, qui avait besoin de ses héros. Mais lui, il n’avait rien du héros, il était une menace, il ne comprenait pas où était sa place dans tout ça. Les Avengers lui avaient assuré sa place parmi eux, mais il n’était pas comme eux, il était un montre incontrôlable, plus puissant, plus dangereux que ces envahisseurs de l’espace. Combien de temps seraient-ils alliés avant qu’eux aussi ne le chassent, ne le traque, comme et pour le monstre qu’il est ? Comme tous ceux qui l’avaient connu. Sauf elle, c’est vrai, qu’aurait-il pu pour elle, il l’aurait détruit, il n’était que destruction. Ross aurait du lui être reconnaissant, il lui avait abandonné Betty, mais tout ce qu’il voulait, c’était lui, c’était l’autre. Qui avait-elle pour l’aimer ? Elle était capable de faire face, d’être heureuse sans lui, il le savait, elle était heureuse, quand il l’avait retrouvé à Culver, quand il l’avait surprit avec cet autre homme, elle paraissait heureuse avec lui, elle pouvait vivre sans lui. Est-ce qu’il pouvait vivre sans elle ? Est-ce qu’il pouvait vivre seulement ? Survivre, c’était tout ce qu’il pouvait espérer, ça et une mort qui s’était dérobée à lui. Ce qu’il était, était un cauchemar, une malédiction. Une malédiction qui avait battu l’abomination, battu Loki, repoussé l’invasion Chitauris, sauvé d’une certaine façon New-York, deux fois, et sauvé Tony Stark de la mort. Il essayait d’être quelqu’un de bien, quelqu’un d’intègre, d’être au service des autres, en temps que scientifique ici, en temps que médecin aussi quand il avait travaillé en Amérique du Sud et en Asie. Mais, faire le bien ne rachèterait jamais le mal qu’il faisait, qu’il était, en étant cet autre, en étant ce monstre, ce destructeur, ce tueur, cette bête. Mais quel choix avait-il ?

- Je veux dire… on est tous humains… enfin, sauf Thor. Ce sont des rôles difficiles à porter…


Humain. Il essayait de se souvenir de ça, qu’il avait été humain, qu’à une époque qui lui paraissait être plutôt la vie d’un autre, il avait été humain, il avait vécu une vie simple, du moins le croyait-il en ce temps, mais c’était toujours une vie d’homme. Aujourd’hui il n’était plus que l’ombre d’un homme, une créature monstrueuse qui essayait de se souvenir de ce qu’était l’humanité, pour ne pas sombrer dans la folie.
   




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"On est tous humains"... Ruth se fit pensive et son regard se perdit dans le vide alors que cette observation atteignait sa pensée. Est-ce que des gens comme elle, comme les Avengers ou comme tout les autres êtres dotés de capacités supérieurs pouvaient seulement être encore considéré comme humains ? Partout, on les appelait "mutants", "héros", "surhumains" même... L'humanité mettait des noms sur eux, voulant les faire entrer dans une case, une case différente de la leur. Cela pouvait être de la discrimination, mais n'était-ce pas plus proche de la réalité qu'on ne voulait bien se l'admettre ?
Ruth n'avait jamais pu se considérer comme humaine... Dès sa naissance, elle avait été quelque chose d'autre. Quelque chose de dangereux et qu'on devait garder enfermé "par sécurité". Elle s'était vu comme un monstre, une bombe à retardement humaine, un cobaye. Grandir enfermée, entourée de scientifiques et des soldats impitoyables de l'HYDRA ne l'avait pas aidé à penser autre chose d'elle-même. Cela faisait peut-être 4 ans qu'elle était sortie de ces maudits laboratoires, mais elle commençait tout juste à découvrir ce qu'étaient l'humanité. Et d'après ce qu'elle avait pu voir... Les mutants, les super-héros... Ils étaient beaucoup plus que des humains. Tellement qu'on ne pouvait pas les considérer comme tel, on ne pouvait plus les considérer comme tel.

- Je ne pense pas que, lorsqu'on s'est élevé autant au-dessus du genre humain comme Stark ou le reste des Avengers, on puisse toujours être qualifié d'humain, dit-elle enfin. Je veux dire... Prend exemple sur tes alliés. Certains sont plus semblables à des humains que d'autres, mais chacun d'entre eux, à leur manière, est capable de choses qu'aucun autre ne pourrait faire. Les mutants, non plus, ne peuvent plus être considérés comme des humains. Ce n'est pas une exclusion que je fais. C'est juste que les lois changes avec eux, tout doit être remis en question. Emprisonner une mutante capable de traverser les murs de la même manière qu'un humain lambda est impossible, par exemple...

Ruth passa sa main dans ses cheveux pour les secouer. Elle ne savait pas si elle parvenait à bien exprimer sa pensée sans paraître extrémiste. Sans pour autant prôner un monde uniquement pour les humains où uniquement pour les surhumains, une séparation devait indéniablement être faite entre les deux. Un surhumain changeait beaucoup trop la donne parmi les humains. Les deux devaient êtres considérés différemment pour que, ironiquement, une certaine égalité s'installe entre eux.

- Mais bon... ajouta-t-elle. Là où mon raisonnement atteint sa limite, c'est que très rares sont ceux nés surhumains. Même parmi les mutants, la majorité n'ont leurs capacités qui ne se manifestent que lors de leur adolescence. À la base, tout le monde ou presque naît humain... Du coup, que ce soit des mutants, des résultats d'expérience ou des êtres particulièrement doué, ils ont beau être devenu surhumains, ils s'accrochent à cette humanité comme à une bouée en pleine mer agitée.

Elle poussa un soupir. Même dans cette généralité qu'elle faisait, elle ne rentrait pas à l'intérieur. Contrairement à la majorité des mutants qui peuplaient Utopia. La capacité à Ruth à absorber de l'énergie pour la renvoyer sous forme de feu à la moindre menace était apparu dès sa naissance. Dans le dossier qu'elle avait récupéré avant sa fuite du S.H.I.E.L.D et sa désertion de l'HYDRA, plusieurs rapports mentionnaient que son esprit avait commencé à absorber de l'énergie à l'instant même de sa venue au monde. Cela avait été aussi nécessaire pour elle que de respirer pour la première fois. Si les scientifiques étaient aussi certains que l'absorption d'énergie était vital pour elle, c'est parce qu'ils avaient tentés une fois de l'en priver.
Ils l'avaient enfermé dans une pièce complètement hermétique, sans lumière ni rien dans lequel son esprit aurait pu puiser à des kilomètres à la ronde. Ils avaient espéré qu'elle puisse se vider entièrement d'énergie et ne prennent plus feu durant un laps de temps. Ruth eut la chair de poule alors que ce souvenir remontait à la surface. Elle se souvient juste d'une douleur, une douleur terrible qui l'avait peu à peu envahit, d'un hurlement qui s'était échappé de sa gorge jusqu'à-ce que sa voix se brise. La conclusion fut que lorsque son esprit ne pouvait plus rien puiser, il s'asphyxiait. Ruth était passée à deux doigts d'avoir des lésions cérébrales permanentes... Revenant finalement à la réalité, elle tendit la main et serra le poing, comme si elle voulait attraper quelque chose.

- La vérité, c'est que l'on souhaite tous être humains, être normal. Admettre que l'on est différent et qu'on le sera toujours du reste du monde nous plonge dans une solitude qui nous terrifie et que l'on préfère nier. Alors on s'accroche, on s'accroche a ce qui fait de nous des humains, on se leurre... Tout en devant assurer ses responsabilités de surhommes.

Elle baissa sa main, le regard fixant la route en face d'elle. Être humaine, ne plus vivre avec cette épée de Damoclès continuellement au-dessus de la tête. Oh oui, elle le souhaitait plus que tout au monde. Sans cette capacité, elle aurait pu avoir une famille, grandir en Angleterre, étudier normalement, avoir des amis... Elle aurait pu se permettre de rire aux éclats et pleurer quand elle en avait envie, elle aurait pu avoir de sentiments sans se soucier de son équilibre émotionnel continuellement. Elle n'aurait plus à être une fugitive, elle n'aurait plus jamais été seule...
Mais d'un autre côté, pour être née comme ça et avoir vécu toutes ces années avec ce fardeau. Ruth savait que s'il fallait qu'une personne soit née avec ces capacités, elle préférait que ce soit elle plutôt que quelqu'un d'autre. Ruth avait réussi à discipliner ses émotions, elle avait survécu aux expériences, à l'enfermement, à l'endoctrinement de l'HYDRA. Son esprit était resté intact, fort, invaincu. Elle gardait toujours en elle cette petite flamme d'espoir qu'elle gardait allumée avec une volonté farouche. Elle était là, vivante, libre et intacte... Elle ignorait si c'était parce qu'elle avait l'esprit suffisamment fort ou autre chose. Mais Ruth était parfaitement conscience qu'elle s'en sortait plutôt bien, et que cela n'aurait certainement pas été le cas pour beaucoup de personnes dans le même cas qu'elle.

- Je ne sais pas de quel genre est Tony Stark, dit-elle en revenant sur le sujet initial. Je ne le connais pas et n'ai pas assez suivi l'actualité pour avoir ne serait-ce qu'un avis externe sur lui. Mais il a été humain avant de devenir Iron man avec toutes les responsabilités que cela implique. Et, en effet, ça ne doit pas être simple. Surtout avec cette avalanche de menaces apparaissant toutes chacune à leur tour...


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Dernière édition par Ruth Lion le Mar 26 Mai - 20:02, édité 1 fois
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Il était bien sûr d’accord avec elle, mais pour lui il y avait clairement eu un avant et un après, et il n’était pas le seul dans ce cas. Bien sûr, ils avaient changé les règles, tout avait été remis en question. Ils étaient plus forts, et au regard de leurs capacités supérieurs, une partie de la race humaine étaient maintenant plus faibles qu’une autre. Ils s’étaient scindés en deux entités qui n’avaient peu-être plus grand-chose d’autre en commun que le monde sur lequel ils vivaient, un monde peuplé d’histoires, et cette base là, commune, avait son importance. Ils étaient différents. Mais ils étaient nés humains. Leurs vies avaient été plus ou moins bouleversées à l’instant où ils avaient changé, où ils étaient passés de cet autre côté de la ligne. Bien sûr il ignorait la situation particulière de Ruth, il ignorait ce qu’elle avait vécu, ce qu’elle avait traversé, comment aurait-il pu s’en douter ou même imaginer à quel point elle avait été privée de sa vie, de cette humanité derrière laquelle elle courrait tandis qu’il la laissait peu à peu derrière lui. Inexorablement, il s’abandonnait.

Et pour tous les autres ? Que laissait-elle à tous les autres ? Ceux qui n’avaient aucun pouvoir, ces gens par milliers, par millions, qui n’étaient qu’humains, qu’était-ce que de n’être qu’humain ? A cette pensée, il songeait à la distance qu’il y avait entre les Asgardiens et les humains, ou même entre les elfes et les humains, ceux-ci avaient une façon de les observer, de loin, très particulière. Ne les voyaient-ils pas en même temps comme des sortes de dieux, ou de créatures fantastiques ? N’était-ce pas normal de n’être que des insectes dans les yeux de ceux que nous pensons, que nous élevons à une nature divine ? Nous étions différents, mais chaque humain l’était, et chaque humain était capable de grandes choses. Les héros, pas ceux en costume coloré, pas ceux issu de légendes moyenâgeuses, pas ceux qui sont nés dans les labo d’expérimentation, les héros qui n’avaient pas attendu l’ère du gène mutant, ils existaient ces héros, ils avaient sauvé des vies, accompli de grandes avancées, avaient donné leurs vies pour les autres, leurs semblables, des humains. D’après Banner, ce qui nous éloignait le plus les uns des autres, c’étaient les jugements que nous portions les uns à l’encontre des autre.

- On s’accroche à cette humanité pour ne pas devenir fou… pour ne pas être des monstres…


Murmura-t-il, ses yeux errant un instant dans le vide avant de se concentrer à nouveau sur la route qui filait au devant d’eux, à travers les paysages des prairies émeraudes perlées de pluie, qui brillaient baignées dans les rayons du soleil. Une mer agitée, c’était bien ça, une mer terrible, tentaculaire, attirant les noyés dans les abysses profondes et obscures. Elle avait tendu sa main au-dessus du vide, un poing vindicte dressé de détermination. Ce n’était pas la solitude qui le terrifiait. C’était le monstre. Il eut un sourire, discret. On s’accroche à ce qui fait de nous des humains… Qu’était-ce ? Cette chair, cette apparence, cette façon d’être fait par la nature ? Était-ce de naissance ? Pouvait-on devenir humain, ou ne plus l’être ? Et ce fameux prochain stade de l’évolution, ces mutants, quelles part leur laissait-on de cette humanité dont beaucoup voudraient les exclure ? Comment les nommerait-on dans une dizaine de siècles ? Qui l’aura emporté, dans une dizaine de siècles ? Personne, ceux d’aujourd’hui seront sans doute tous morts. Humains et mutants,  partageraient-ils la même fosse ?    

Mais lui, il était contre nature. Il était un monstre, exclu du genre humain. Pourtant, il n’aurait jamais pensé cela d’un de ses semblables, pour ceux qui pouvaient se dire d’en être, il n’était pas le seul que la science avait transformé en autre chose. Mais les autres, ne se transformaient pas en géant vert incontrôlable, il était capable de tout détruire, sans que rien, presque, ne puisse l’atteindre. C’était terrible, de se dire ça, de se demander, qu’est-ce qui pourrait m’arrêter, qu’est-ce qui pourrait me tuer ? C’était terrible, cette pensée, si je deviens un monstre, arriveront-ils à les sauver de moi ? Il n’était sans doute plus humain, mais qu’était-il alors ? Un surhumain ? Alors quoi ? Ça tiendrait juste à un préfixe sur un nom usuel ? L’ADN, la génétique, l’origine, l’espèce, notre cerveau, nos pensées, ce que nous sommes tiendrait à un nom, à l’adjectif d’être humain ? Qu’est-ce qui nous définirait alors ? Ce qui nous caractérise, ce qui fait notre sang, notre chair, notre esprit, ou le nom de ce que nous sommes, qui nous fait, avec nos valeurs, nos histoires, ces cultures, cet apprentissage, cette socialisation qui fait autant l’homme et le différencie de la bête ?

- C’est quoi pour toi, ce qui fait de nous des humains ?

Demanda-t-il avec sérieux, comme préoccupé par la question. Il ne lui demandait pas une réponse scientifique, il la connaissait, pour autant que la science de leur monde et de leur époque suffise à comprendre leur espèce. Il voulait savoir ce qu’elle en pensait, parce que, finalement, il n’y avait que ça, ce que l’on en pensait, fondé ou non sur des faits de sciences, fondé sur des discours, fondé sur nos jugements. Il soupira tandis que la discussion revenait sur Tony Stark, oui, les responsabilités qu’ils assumaient, ces responsabilités de surhommes dont elle avait parlé, ces menaces qu’ils étaient chargé de vaincre, pas seulement de combattre. Stark refusait de mourir pour ce combat, Captain lui, disait qu’on mourrait ensemble, Stark ne voulait pas qu’on sacrifie nos vies. Il l’aurait donné sa vie, à cette planète, à ces hommes, ces femmes, ceux qui sont innocents, ceux qui sont coupables, ceux qui sont faibles, ceux qui sont forts, il leur aurait donné sa vie, mais mourir, mourir pour eux, ce n’était pas ce qui les aurait sauvé.

Il ne savait pas très bien, lui, où il se plaçait dans cette histoire que le monde écrivait en ce moment. Quand Stark lui avait demandé de revenir, quand les choses, avaient commencé, à aller encore plus mal qu’avant, et ça n’avait pas encore finit de s’empirer, il s’était demandé, où était sa place ? Il s’était toujours posé cette question, mais, à part au fond d’un complexe militaire, enchaîné, privé de sa liberté, de sa dignité et de son humanité, à servir les fins de quelques puissants rois fous, on ne lui avait jamais vraiment proposé d’avoir une place. Une place qu’il aurait pu accepter. Il n’y avait que parmi les Avengers, et là encore, il se demandait, où était sa place là-dedans.

Son humanité, il n’avait plus que ça. Qu’elle lui appartienne encore, ou qu’il soit devenu autre chose, il n’avait que ça, et s’il détruisait ça, s’il perdait ça, il ne savait pas ce qu’il deviendrait, il ne savait pas ce que serait cette autre chose. Parce qu’être un monstre, ce n’était aussi qu’un mot, un mot qui voulait dire différent, à l’écart, de la norme, de ce qu’était tous les autres, ces humains, qui auraient du craindre d’exclure les leurs du nom qu’ils portaient, parce que ce nom, c’était ce qui faisait qu’on se respectait encore les uns les autres, qu’on avait encore quelque chose en commun. Qu’on était différent, mais pas trop, assez pour pouvoir vivre ensemble, se rassembler, sur cette identité commune. Parce que dans le grand règne animal, dans le règne des espèces, y en avait toujours un pour manger l’autre.

- Non, ce n’est pas simple. On a pas tous eu le choix, d’être ou de devenir « surhumain ». Mais on a tous choisi, de ce qu’on allait faire de ça, qu’est-ce qu’on allait défendre, ou détruire, on a accepté ces responsabilités, parce qu’on a choisi. Il y a des conséquences, des responsabilités que je n’ai pas choisi, et des fois, souvent, ce que je voudrais n’est pas vraiment ce que je voudrais…





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Ruth resta silencieuse un petit moment, méditant les paroles de Bruce. Agissant mécaniquement, elle enleva ses chaussures et se cala en position du lotus avec souplesse sur son siège de voiture. Elle posa ses coudes sur ses genoux et posa son menton sur ses doigts entrelacés. C'était la première fois qu'elle partageait sa manière de voir les choses à quelqu'un d'autre. Loin de la choquer, cela était au contraire très intéressant d'avoir un avis externe sur sa pensée. Bruce, malgré un fardeau semblable était en fait très différent d'elle. Sa particularité n'était pas apparue de naissance, cela avait été un accident alors qu'il était adulte. Son vécu était en fait très différent de celui de Ruth. Et cela rendait son avis très intéressant.
Il semblait vivre tout cela comme une malédiction, quelque chose qui l'avait injustement arraché à son humanité pour le transformer en ce qu'il qualifiait lui-même de "monstre". En fait, il subissait beaucoup plus son sort que Ruth. Mais quel jugement pouvait-elle porter sur lui ? Dieu seul savait le nombre de victimes innocentes il avait pu causer avant d'être considérer comme un héros. La jeune femme pouvait s'imaginer le poids qu'il pouvait avoir sur sa conscience, surtout après son incident à Utopia. Mais elle ne pourrait jamais connaître complètement les remords de l'homme à ses côtés. Il avait été forcé de dire adieu à quelque chose qu'elle ne connaîtrait et ne vivrait jamais. Elle ne pourrait jamais le comprendre entièrement.

La déception couvrit son regard quand elle comprit à quel point son vécu différait celui de Bruce. Ils étaient semblables, mais aussi complètement différents. Et même s'il lui apportait de l'aide, en étant là, en vivant le même fardeau qu'elle, elle ne pourrait jamais lui rendre la pareil. Parce que même s'il pouvait comprendre ce qu'elle vivait, elle ne pourrait jamais comprendre tout ce à quoi il avait été arraché. La vie simple d'un humain, elle ne pourrait jamais savoir ce que c'était. Il lui demandait ce qui faisait de nous des humains ? La réponse était qu'elle n'en savait strictement rien et là était sa différence avec Bruce. C'est pourquoi qu'indéniablement le fardeau de Bruce serait toujours plus lourd que celui de Ruth.
Elle poussa un soupir et posa son front sur ses mains, voulant cacher son regard et l'entièreté de son visage. Elle avait été idiote. Bruce était un battant, il le disait lui-même, il avait décidé de faire quelque chose de Hulk. Il s'était battu pour garder une part d'humanité en lui et ne pas devenir un monstre. C'était un tout autre combat que Ruth et tout à fait honorable. Elle qui pensait que vouloir se rattacher à cette humanité qu'elle ne connaissait pas nous ralentissait et était inutile. Qu'est-ce qu'elle en savait finalement ? Et si cela valait le coup ? De rester humain ? Peut-être qu'à la base elle refusait de considérer les héros et mutants comme humain parce qu'elle ne s'était jamais considéré comme tel, et qu'elle en avait assez d'être seule...

- Je ne sais pas ce qui fait de nous des humains, confia-t-elle sans relever la tête. Je n'ai jamais pu vivre comme un humain. Je suis incapable de le savoir. Une famille, des amis, des amours... Je peux me l'imaginer, mais j'ignore ce que c'est. Je n'ai jamais pu le vivre avant de devenir comme ça. J'ai...

Elle se tue avant d'en dire trop. Secouant la tête en soufflant longtemps, elle se redressa. Elle n'était pas dans cette voiture pour se plaindre, elle ne voulait pas qu'on la regarde avec pitié comme elle se refusait de regarder Bruce de cette manière. Cela ne changeait rien et ne faisait qu'ajouter du sel sur nos blessures. Et puis elle ne pouvait pas se permettre d'en dire plus, même si se confier à une personne semblable à elle était terriblement tentant, elle ne devait pas oublier qu'il était un Avengers. Et avouer son enfance passé entre les mains de l'HYDRA et son infiltration du S.H.I..E.L.D. avant sa désertion était une très mauvaise idée. Elle n'était qu'une personne qu'il venait de rencontrer, si elle parlait, sa loyauté envers ses partenaires prendrait le dessus.

- Tu as raison, se reprit-elle. On ne choisit pas ce que l'on est ou ce que l'on devient, et dans ton cas ou le mien, les responsabilités et les conséquences de nos actes sont trop souvent... indépendantes de notre volonté. Mais on peut choisir ce que l'on fait de nos capacités. On a toujours le choix. Se contrôler ou exploser... S'isoler et se cacher ou faire confiance à son entourage... Mais les conséquences en cas de mauvais choix sont tel... Je n'arrive toujours pas à prendre ma décision. Laisser mon feu exploser au milieu de mes alliés comme il t'arrive de faire lors des missions des Avengers, il faut une sacrée confiance en soi pour faire ça, pour surpasser la peur de ses capacités. Mais d'un autre côté... Je ne peux pas fuir éternellement. Un jour, il faudra bien que me batte contre mon pouvoir, que je le dompte.

Ruth regardait les paumes de ses mains ouverte devant elle, comme si elle cherchait à y lire la réponse à toutes les questions qu'elle se posait, comme si son regard allait traverser sa peau et ses muscles pour lire en elle. Mais elle finit par se tirer de sa rêverie et décroisa les jambes.

- Désolé si je t'ennuie avec mes doutes. Tu n'as certainement pas besoin d'entendre les questionnements d'une fille que tu viens de rencontrer sur le bord d'une route.


Ruth Lion ~ Sujet R

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Ils avaient quitté les routes de la campagne pour emprunter les grands axes routiers qui rejoignaient les grandes villes de la côte est et New York, leur destination, qui se faisait de plus en plus proche à mesure que le trafic se densifiait. Ils ralentirent alors qu’un bouchon était entrain de se créer sur la route au loin devant eux. Concentré sur sa conduite, Bruce jetait un œil de temps en temps à Ruth, toujours méfiant envers elle, alors qu’elle parlait il se souvenait ce qu’elle lui avait confié la veille, éveillant ses soupçons, mais, il ne pouvait non plus s’empêcher d’éprouver une certaine compassion en écoutant le récit qu’elle ne termina pas. Il ne pouvait pas s’empêcher de penser que quelque soit ce qu’elle avait vécu, elle revenait sans doute de l’enfer.

Il avait côtoyé trop d’espions et d’agents pour ne pas voir qu’elle lui cachait certains secrets. Peut-être lui mentait-elle ? Mais pourquoi lui raconter tout ça alors ? Était-elle dangereuse pour lui ? Si elle lui avait voulu du mal elle s’en serait prise à lui bien avant. A moins qu’elle attende le bon moment pour le faire, absurde, elle ne pouvait pas prévoir qu’ils iraient ensemble à New York. En avait-il trop dit, trop fait ? Peut-être était-ce ce qu’elle attendait, l’apitoyer pour qu’il lui livre ses secrets ? L’armée savait déjà sans doute tout ce qu’il y avait à savoir sur lui, tout ce qui leur manquait, c’était son corps, son sang, pour leurs expériences.

Il secoua la tête, las de toutes les pensées, de toutes les voix, qui s’entremêlaient dans son esprit, leur bruit était une douleur, les entendre autant que d’y résister. Il n’avait aucun moyen de deviner le contenu de ses silences, et pour l’instant, ses actions n’avaient pas montré de mauvaises attentions, elle ne méritait pas qu’il la juge sur ça, ce silence, cet inconnu qui les séparait. Mais il avait peur, une peur qui vivait en lui depuis bien plus longtemps que l’Autre, avec sa haine, sa colère, toutes ces horreurs qu’il avait gardé au fond de lui, qui s’étaient nourries de lui, avant de nourrir l’Autre.

Malgré la sécurité et le confort de vie que sa nouvelle situation chez les Avengers lui avait permis, il ne s’était pas départi de certaines de ses habitudes. Il ne fuyait plus, il ne se cachait plus, il n’était plus une bête traquée, il savait qu’on en avait toujours après lui, qu’il en avait toujours après lui, mais il ne pouvait rien, en tout cas il essayait de s’en convaincre, Ross ne pouvait plus rien contre lui, tant qu’il restait hors de sa portée. Mais, il était resté prudent et très méfiant, il accordait une confiance réduite à ses proches, eux aussi en nombre réduit, et c’était à peu prés tout. Il n’aurait pas su dire si c’était pour se protéger, par habitude, par instinct, ou par peur.

Mais Ruth, assisse à ses côtés à discuter avec lui depuis le matin, et qu’il avait rencontré seulement la veille, avait quelque chose de spécial. Ce n’était pas les secrets qu’elle cachait, n’en avait-il pas lui-même aussi ? Ce n’était pas non plus seulement son pouvoir qu’elle ne contrôlait pas, comme lui contrôlait difficilement l’Autre, ou la terreur qu’elle en éprouvait, comme lui craignait son alter ego, tous deux pour les destructions et les victimes que ce qu’ils considéraient plus proche d’une malédiction pouvaient causer. Il ne savait pas exactement ce que c’était, sa faculté à le comprendre, pas sur tout c’était certain, sa faculté aussi à ne pas le juger, à ne pas avoir peur de lui, à même être rassurée, apaisée par sa présence.

Elle avait tord, de ne pas craindre l’Autre. Tout comme il aurait eu tord de la sous-estimer, pour les conséquences que pourrait entraîner une transformation incontrôlée si jamais elle ne s’était pas contrôlée à ses côtés. Ils ne se jugeaient pas. Plus que cela, ils se considéraient en entiers. Malgré toutes leurs blessures et leurs incertitudes. Si elle doutait visiblement d’elle-même, comme lui doutait de lui-même, elle ne doutait pas de Bruce. Quel droit avait-il de douter de Ruth ? Que ce soit ce qu’elle était ou ses actes, il aurait été mal placé pour la juger.

Il déglutit, prisonnier de son angoisse et de son esprit qui pensait trop, dans lequel il se perdait, il tourna son regard vers Ruth, s’accrochant à ses derniers mots alors qu’elle terminait sa phrase. Il secoua la tête, négatif, non, il avait besoin qu’elle parle, il avait besoin de pouvoir se concentrer sur quelque chose d’autre que cet amas d’émotions et de pensées troubles qui agitaient son esprit, il avait besoin de sa présence. Il retourna ses yeux sur la route, sa colère prenant le pas sur son angoisse, il n’avait pas le droit de penser ça. Il avait en réalité plus besoin des autres que jamais il ne se l’avouerait. Et il ne pouvait pas l’avouer parce qu’il était un danger pour eux et que pour les protéger il n’avait pas d’autre choix que de fuir encore et encore. Se retrancher dans sa solitude où il ne pouvait plus blesser que lui-même.

- Non.

Lui répondit-il simplement, cédant au besoin du contact humain. Il réfléchit à tout ce qu’elle lui avait dit, sur ces doutes, ces questionnements, ce qu’elle avait vécu, et ce qu’elle ne disait pas. Réfléchir à ça, l’écouter parler, comme il aurait pu écouter de la musique ou réfléchir à des problèmes scientifiques complexes, apaisait son angoisse, l’aidait à se concentrer et ne pas se laissait submerger par l’Autre. Il aurait voulu lui dire qu’elle était forte, mais il était certain qu’elle l’aurait mal pris, il réfléchit à comment tourner autrement ce qu’il voulait lui répondre. Il eut un demi-sourire, gêné, avant de parler :

- J’ignore ce que je serais si je n’avais pas eu ça… une vie humaine, normale. En tout cas pour ce qu’elle a été normale.

Mais il avait été humain, et comme chaque être humain était différent les uns des autres et qu’aucune vie ne se ressemblait, sa vie aussi n’avait ressemblé à aucune autre, il avait été différent des autres à sa façon, mais il était humain, il avait eu toutes ces choses qu’elle n’avait pas eu, amis, famille, amour.

- Je ne sais pas où j’aurais trouvé la force de ne pas sombrer… et de ne pas devenir un monstre…


Celle seule pensée l’horrifia, celle de l’Autre, hors de contrôle, déchaîné, livré à la colère, à la violence, à la destruction et à la mort à laquelle il les condamnait tous, si jamais il perdait ça, s’il perdait son esprit, qui il était… Ses doigts se crispèrent et se serrèrent sur le volant, ses phalanges blanchirent et de la terreur passa dans ses yeux. Il déglutit et resta un moment silencieux, fixant la route qui défilait devant eux. Se battre contre lui… Il comprenait l’erreur de Ruth, il avait fait la même. Il avait pris conscience bien avant d’intégrer le groupe des Avengers qu’il ne lui servait à rien de se battre contre, contre l’Autre comme contre lui-même. La clé, c’était le contrôle, le contrôle c’était la connaissance et la sagesse, et si il avait appris à se connaître, à connaître l’Autre, il y avait dans cette sagesse quelque chose qu’il trouvait encore difficile à faire aujourd’hui, accepter.

- J’ai essayé de le combattre, j’ai essayé de le détruire…

J’ai essayé de me tuer, souffla-t-il en pensée complétant silencieusement la liste de ses échecs contre l’Autre. Il s’arrêta encore, sous la difficulté que représentait pour lui de parler de tout ça, de repenser aussi à cette époque douloureuse où il avait tenté de mettre fin à ses jours. Il sentait l’Autre, il le sentait toujours, il ne le quittait jamais, il ne le quitterait jamais, il avait fini par le comprendre. Et il savait le contrôler, parce qu'il avait appris. Il souffla doucement, calmant son rythme cardiaque avant de reprendre :

- Ça n’a pas fonctionné.


Il repensa à Emil Blonsky et à Stern, il secoua la tête, il ne voulait pas s’en rappeler. En voulant seulement se débarrasser du Hulk, il avait engendré encore plus de problèmes, ils avaient créé l’Abomination, à partir de son propre sang, contre lequel il s’était cru incapable de lutter, alors privé du Hulk, alors que pour la première fois, ils avaient besoin de lui, parce que rien d’autre n’était en mesure d’arrêter Blonsky.  

- Je… j’ai essayé de le détruire ça n’a pas fonctionné…

Répéta-t-il, mais son ton avait changé. Comme si ces mots signifiaient autre chose. C’était un aveu qu’il avait besoin de lui faire, sans pouvoir lui dire. Il avait essayé de se tuer, ça n’avait pas marché.

- Je me suis rendu compte que me battre contre lui ne fonctionnait pas, alors j’ai appris à le contrôler.

Si on lui avait posé la question il y a quelques années de savoir qui il était, il aurait été à peu près sûr de ce qu’il aurait répondu. Aujourd’hui, ce n’était plus aussi simple, la frontière était de plus en plus floue. Il ne savait plus très bien se définir. Ça lui faisait peur, accepter que l’Autre c’était lui, lui faisait peur. Il n’osait même pas en formuler la pensée. Il n’était pas capable, de l’accepter, mais il n’avait pas le choix, trop en dépendait. Sa capacité à se contrôler était soumise à cette nécessité, s’accepter, avec ses souffrances, ses colères, sa haine, sa rage, s’accepter, lui et l’Autre. Accepter le monstre… perdre aussi sans doute cette humanité déchirée qu’il serrait contre lui comme un oiseau qu’il avait peur de voir partir.

- Tu ne contrôleras pas ton pouvoir si tu ne le comprends pas et… si tu n’acceptes pas qu’il fasse partie de toi…

Termina-t-il enfin. Il savait que ce n’était pas aussi simple, elle le savait aussi. Les mots étaient toujours très loin de la réalité. Pas comme New York dont ils approchaient alors. Mais c’était important, parce qu’il n’en était pas arrivé là tout seul, et il fallait que quelqu’un le lui dise, il fallait qu’elle entende tout ça, pour qu’elle puisse s’en rappeler quand elle en aurait besoin.




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