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 Chronique d'Elevae

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Bonjour tout le monde,

Alors voici le début de mon roman. Si je le poste c'est pour avoir des avis sincères et construits !! J'aimerais savoir si l'histoire vous plait, si vous avez envie de lire la suite et dans les deux cas pourquoi ? Si le texte est agréable à la lecture, si les personnages sont intéressants... Bref, plus vos commentaires seront construit, et mieux je saurais comment modifier et adapter mon texte.

Le livre est du style médieval fantasy !! Je vous mets le chapitre 1 en entier Wink

Pour les commentaire, merci de vous rendre dans la partie "Commentaire" dédiée à ce sujet et de ne pas répondre à la suite de ce message.


Je n'ai plus qu'une chose à vous dire : bonne lecture.

Chapitre 1 - Partie 1


         Cela faisait sûrement des années que Vostera, la capitale de Vepra, n'avait connu pareille agitation. Toute la ville s’affairait sur les derniers préparatifs. L'allée principale avait été dégagée pour l'occasion et de grandes draperies disposées sur les toits arboraient l'emblème du royaume. D'innombrables paniers disséminés dans toute la rue étaient remplis de fleurs blanches qui jonchaient également le sol. La cité était ornée de ses plus beaux apparats et même les paysans revêtaient de vieilles frusques, leur donnant une fausse élégance. L'avenue était déjà noire de monde, chacun voulant une place meilleure que l'autre. Les cloches sonnèrent enfin et plusieurs personnes annoncèrent que le cortège était en vue. L'agitation ne s'en fit que plus intense et tous les retardataires s’agglutinèrent dans la rue. La milice forma une ligne de chaque côté du pavé afin d'éviter que la foule ne déborde, laissant ainsi suffisamment de place en son centre. Quelques minutes plus tard, alors que l'impatience se lisait de plus en plus sur les visages, les portes s'ouvrirent, laissant place à un défilé d'orgueil plus long qu'on ne l'aurait imaginé. Le bas-peuple acclama d'ailleurs le cortège sur l'ensemble de sa traversée. La première chose visible était les étendards d'U'Hidir : un tissu bleu décoré d'un cygne doré déployant gracieusement ses ailes. Des cavaliers, tous munis du même uniforme, se disposaient tout autour des prestigieux invités. Des fleurs volaient dans leur direction, envoyées par des jeunes filles en guise de bienvenue, mais la plupart des soldats restèrent impassibles, brisant des cœurs qu'ils ne connaîtraient jamais. On pouvait facilement reconnaître les différents carrosses à l'or qu'ils exhibaient : les roues du premier en étaient recouvertes. À l'intérieur, le couple royal, que personne n'eut le privilège de voir, attendait avec impatience d'arriver à destination. Les carrosses suivants étaient certainement occupés par les ministres, les dames et les hommes de la cour, choisis parmi tant d'autres pour avoir l'honneur de faire ce voyage. Les derniers, beaucoup moins luxueux, contenaient les servants et servantes de tout ce beau monde.

     Tous acclamaient le noble visiteur et chacun criait à ce roi inconnu à quel point il l'aimait. Plusieurs Protecteurs, plus qu'il n'aurait dû y en avoir, escortaient la famille jusqu'au palais. Un événement comme celui-ci était forcément protégé par les Anges et leurs sbires, mais à quel point ? C'était la question que se posait Trey, dubitatif...

     Il resta au milieu de la foule où sa fine taille lui permettait de se faufiler entre les petites gens et décida ensuite de suivre le cortège jusqu'au plus près du palais. Il avait fait un long voyage pour arriver jusqu'ici et avait l'impression qu'à un jour près sa joie n'aurait pas été aussi grande. Il se félicita donc d'avoir réussi tout en se frayant un chemin au travers de la populace. Il bouscula doucement plusieurs personnes qui lui barraient le passage, mais la distance qui le séparait du cortège ne diminuait pas pour autant. Il s'arrêta un moment, tellement absorbé par les hanches bien taillées d'une jeune fille qu'il en oublia le bruit qui l'entourait. « J'adore ce pays », se dit-il tout en observant avec appétit la belle disparaître dans la foule. Après quelques secondes de profondes réflexions, il reprit subitement sa route d'un pas plus rapide. Sa marche le mena jusque devant les murs extérieurs du palais. Celui-ci était immense et doté d'un jardin encore plus grand. On apercevait, à certains endroits, des arbres dépasser de l'enceinte et seule la solide grille permettait de voir à l'intérieur, bien que personne n'était autorisé à approcher d'assez près pour en percevoir les détails. Trey marcha le long du mur et pénétra dans une taverne non loin de là. Il y passa toute la soirée, écoutant de temps à autres les palabres des tables voisines, curieux de savoir ce que les gens de Vostera pensaient. Peu d'entre eux savaient pourquoi cette rencontre avait lieu, ils laissaient cela aux politiciens et à la haute société. Pour eux, ce n'était qu'un sujet de débats parmi tant d'autres. Certains palabraient sur un accord commercial, d'autres affirmaient qu'il ne s'agissait là que d'une simple visite pour resserrer les liens d'amitié entre les deux royaumes. C'était chose courante entre deux alliés, surtout quand le roi s’éteignait pour laisser place au prince héritier. Après en avoir assez entendu, il s'installa à une table de jeu et dépensa une partie de son argent. Tout ce qu'il gagnait, il le dépensait à nouveau dans une autre partie. Il fit durer le plaisir jusque tard dans la soirée et s'effondra dans un placard, trop ivre pour rejoindre les lieux d'aisance. Lorsqu'il se réveilla, la nuit était déjà bien avancée et seuls les morceaux de verre balayés par le tavernier résonnaient encore dans l'édifice. Trey sortit de son placard sans un bruit et avança jusqu'à la salle principale où le maître des lieux rangeait les chaises sur les tables. Ses pas étaient si discrets qu'ils ne faisaient même pas grincer le plancher en bois. Une fois arrivé derrière le petit homme, il s'arrêta et lui tapota l'épaule. Celui-ci sursauta en criant et se retourna la main sur le cœur, persuadé qu'il n'y avait plus personne dans son établissement. Il eut un soupir de soulagement quand il reconnut  l'étranger sympathique de la soirée.

     — Je ne voulais pas vous effrayer, s'excusa Trey avec sincérité.
     — Eh bien c'est raté, lui répondit avec suspicion le tavernier. Que fais-tu ici ?
     — Je pense que j'ai dû m'endormir dans l'arrière-salle, avoua-t-il d'un air gêné. J'ai sûrement trop abusé de votre bon vin.
     — Tu m'en vois ravi ! J'ai cru à un moment qu'on venait me dévaliser.
     — Avec le nombre de gardes qui traînent ? Ce serait idiot !
     — Tu as sans doute raison, admit le quadragénaire tout en secouant la tête.
     Trey lui renvoya un sourire rassurant et compréhensif, lui seul était coupable dans la frayeur de cet honnête commerçant et il le savait. Pour changer de sujet de conversation et tenter de faire oublier ce mauvais moment, il demanda :
     — D'ailleurs, est-ce habituel tous ces soldats ? Je n'étais jamais venu avant...
     — Non, s'exclama l'autre comme si c'était une évidence. C'est à cause de la visite du roi Orguar, mais à cette heure-là, il n'y a plus grand monde dans les rues.
     — Au moins, je pourrai me promener tranquillement, murmura Trey avec un sourire. C'était un peu la bousculade aujourd'hui.
     — Je ne te le fais pas dire, mais c'est bon pour les affaires !
     Le tavernier avait l'air fatigué et les cernes sous ses yeux étaient creusés plus que nécessaire. Trey se sentait mal à l'aise de le regarder ainsi travailler pendant que lui, qui avait encore la vigueur de son âge, ne faisait que parler.
     — Cela a dû être une dure journée pour vous. Acceptez mon aide, c'est la moindre des choses !
     L'homme, étonné dans un premier temps, approuva finalement d'un signe de tête. Ils discutèrent de la ville, de ses rues et de ses coutumes. Trey, de temps à autre, passait la main dans ses cheveux noirs, repoussant les mèches trop longues qui descendaient devant ses yeux. Lorsqu'ils sortirent, ils se serrèrent la main comme s'ils se connaissaient depuis une éternité.
     — Ce fut un plaisir de te rencontrer Adraste, lança Trey.
     — De même pour moi et merci pour ton aide. Tu as un endroit pour dormir au moins ? interrogea le tavernier.
     — Non, confia-t-il avec lassitude, et je suis trop fatigué pour chercher.
     — Je t'aurais bien proposé, avoua Adraste d'un air désolé, mais...
     — Ce n'est rien, je comprends, coupa-t-il pour le dissuader de culpabiliser. Cela dérange si je dors juste ici ?
     Il montra alors l'enceinte du palais. À cette heure-là et après toutes ces bouteilles, il voyait les pierres du mur comme un coussin moelleux et le sol comme un matelas luxueux.
     — Avec ce froid ? s’étonna Adraste. Es-tu fou ?
     — Je le prends comme un compliment ! s'exclama Trey dans un grand éclat de rire, avant de reprendre son sérieux et d'arborer un air réconfortant. Ne t'inquiète pas pour moi, j'ai connu bien pire...
     — Très bien, mais alors pas ici, avisa Adraste dans un murmure. Si les soldats te prennent pour un mendiant, ils ne te laisseront pas en paix. Va plutôt vers l'est, il y a une partie du mur qui devrait te plaire et où tu seras tranquille.
     — Voilà un conseil bien avisé, merci l'ami.
     — Prends soin de toi et n'hésites pas à revenir !

     Adraste s'éloigna tranquillement et disparut dans la taverne, fermant la porte derrière lui. Trey respira profondément l'air de la nuit fraîche, redressa ses épaules et resserra le col de sa veste. Il marcha dans la direction que son nouvel ami lui avait indiquée et afficha un léger sourire satisfait quand il comprit. La rue principale tournait à gauche et contre le mur, il n'y avait qu'une minuscule ruelle qui ne devait servir qu'à faire circuler l'eau en cas de pluie. Elle était sombre et il était impossible d’apercevoir ce qui s'y trouvait. Trey pénétra dans la venelle et examina les lieux. Aucune fenêtre n'était visible, ce qui lui convenait parfaitement, mais il entendit du bruit de l'autre côté. Il se rapprocha et tendit l'oreille. Des soldats... Ils n'avaient pas l'air de faire attention à ce qui se passait sous leur nez et après quelques minutes, le jeune homme estima qu'il n'avait rien à craindre. Trey tourna sur lui-même, cherchant le meilleur moyen de réaliser ce qu'il avait en tête. Les pierres de l'enceinte étaient  lisses, mais pas celles du bâtiment... Il grimpa en s'aidant des deux parois et atteignit le haut en quelques minutes. Il jeta un rapide coup d'oeil en contrebas pour s'assurer que personne ne l'avait remarqué puis termina de grimper sur le rempart afin d'observer ce qui se trouvait de l'autre côté. Quelques arbres le protégeaient de la vue d’autrui et aucune patrouille ne semblait surveiller ce secteur pour l'instant. Plusieurs chemins menaient au palais, mais Trey s'intéressait surtout à ceux qui le rendraient invisible. Bien que ramper sous une haie de buis commun et de bruyère n'était guère attrayant, c'était ce qu'il y avait de plus efficace. Il resta là un petit moment à observer les mouvements autour du palais. Il se laissa ensuite tomber en douceur dans les jardins royaux, le souffle calme et assuré. Il se redressa et fit face au mur, laissant ses sens en éveil pour prévenir une éventuelle attaque. Il sortit un carnet et en parcourut les pages avec attention. Il traça, avec ses doigts, des symboles sur le mur, jetant des coups d'oeil réguliers sur le carnet qu'il tenait de l'autre main. Il s'arrêtait parfois pour se replonger dans une lecture assidue, puis reprenait son travail. Au fur et à mesure, les symboles devenaient visibles, comme s'ils se gravaient dans la pierre. Le tout, terminé, ressemblait à une arche, tout juste assez grande pour faire passer un homme.
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Dernière édition par Deadpool le Jeu 14 Mai - 13:19, édité 2 fois
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Chapitre 1 - Partie 2


     Un peu plus tôt, à quelques lieux de Vostera,


     Aymar attendait à l'orée de la forêt tout en caressant l'encolure de son cheval. Il se plaça au centre de l'immense clairière qui s'offrait à lui, permettant ainsi de voir sortir toute menace du bois. Il se savait pourchassé, mais il préférait offrir du repos à sa monture quitte à ce que ses poursuivants rattrapent leur retard. La nuit était tombée sans même qu'il ne s'en aperçoive, révélant ainsi les deux lunes qui montaient dans le ciel étoilé. La chaleur de l'effort ayant disparu, le froid reprit ses droits et un frisson parcourut le corps du vagabond. À peine avait-il finit de reprendre son souffle qu'un autre cavalier surgit des arbres à une cinquantaine de mètres de lui, bientôt suivi par quatre de ses compagnons. Tous étaient munis de la même armure de cuir, arborant ci ou là des couleurs aubergines. Seul l’homme de tête était accoutré différemment : il portait une armure de plate sur laquelle un loup était gravé ainsi qu'un casque en métal orné de décorations en laiton. Aymar n'attendit pas une seconde de plus et reprit la course au galop en direction de l'ouest. Son cheval n'était pas le plus rapide, mais il était endurant et agile. De plus, l'homme n'avait ni armure ni bagage qui pouvaient l'alourdir. Les assaillants étaient montés sur des destriers habitués à la guerre : ils étaient forts et résistants, plus efficaces pour la charge que pour la poursuite. Le fugitif n'eut aucun mal à garder un intervalle raisonnable entre lui et ses poursuivants et son cheval ne sembla pas faiblir... Il joua sur les capacités de sa monture, changeant d'allure quand il le pouvait, les laissant gagner du terrain pour mieux les semer. C'était un travail de longue haleine de ne pas se faire prendre tout en se laissant poursuivre. Il ne devait pas prendre trop de distance au risque qu'ils perdent sa trace, mais il ne devait pas se laisser rattraper sous peine de ne jamais les mener là où il le voulait.

     Aymar effectuait sa mission avec succès : éloigner de Vostera le traqueur, le seul capable de les détecter à distance. Ainsi, Trey pouvait agir en toute tranquillité au sein de la cité, si tant est qu'il y soit entré sans encombre. Néanmoins, la suite s'avérait des plus difficile. S'il arrivait à destination trop tôt et que la porte était fermée, lui et ses compagnons, qui l'attendaient, seraient morts avant la fin de la nuit. S'il l'atteignait trop tard, seule sa vie serait perdue. Il ne savait pas exactement quand la porte s'ouvrirait et ne pouvait se fier qu'à son instinct.

     Lorsqu'il estima que le moment était arrivé, il encouragea sa monture : celle-ci accéléra franchement et allongea la distance qui le séparait des Protecteurs. Elle traversa les plaines, laissant des empreintes dans la terre transformée en boue par les dernières blancheurs de l'hiver. Le cavalier aperçut, seule au milieu d'un champ décrépi, la ferme abandonnée où ses camarades étaient supposés l'attendre. La vieille bâtisse, dans un état lamentable, devait être à l'abandon depuis des lustres : certaines fenêtres étaient brisées et la nature y reprenait ses droits, escaladant les parois et s'infiltrant dans les pierres sans aucune considération. Après avoir attaché son cheval à une poutre, il se dirigea vers la porte tout en appelant ses amis et l'ouvrit dans un grincement désagréable. Il observa la pièce poussiéreuse dans laquelle se trouvait cinq autres hommes. La majorité des meubles étaient renversés, sûrement pillés par les gens du coin, et seule une vieille table et quelques chaises abîmées se tenaient encore debout. Un escalier aux marches branlantes menait à un unique étage tandis qu'une lugubre cheminée noire dominait le côté opposé. Aymar soupira de soulagement puis posa les yeux sur le mur qui suivait la cheminée : les symboles dessinés par Trey n'avaient pas bougé.  Le soulagement se transforma en inquiétude lorsqu'il comprit qu'il était arrivé trop tôt. Il se retourna vers un homme grand et brun qui, malgré son apparence, possédait une aura apaisante.

     —  Je suis désolé, lui dit Aymar, confus.
     — On va se débrouiller, répondit Vaast. Il faut tenir jusqu'à ce que le passage soit ouvert. Hakon, Siger, montez à l'étage et couvrez la zone autant que possible. Teos, Heruf, bloquez toutes les entrées avec le mobilier. Aymar, dans combien de temps seront-ils là ?

     Il avait lancé ses ordres avec autorité et tous s’exécutèrent sans poser de question... Aymar lui raconta tout ce qu'il savait. Il valait mieux que Trey se dépêche, sans quoi la mission échouerait. Tous les meubles y passèrent, apposés en guise de rempart contre l'entrée, le but étant de retenir les Protecteur le plus longtemps possible. Les deux archers du groupe, quant à eux, les couvraient désormais depuis l'étage et surveillaient l'horizon. Ils restèrent une bonne vingtaine de minutes au calme, puis on entendit la voix grave et bourrue d'Hakon résonner : les cavaliers étaient en vue. La tension devint palpable et pourtant chacun gardait son sang-froid : seul Aymar angoissait devant la tournure que prenaient les événements. Il fut vite rassuré par Vaast qui lui demanda de ne pas s'inquiéter.

     — Il a raison ! On a connu bien pire, approuva Teos avec un sourire.
     — Et c'est censé me rassurer ? s’étouffa Aymar, dépité. 

     Ils entendirent le sifflement des flèches et distinguèrent le bruit d'un destrier qui s'écroula. Le choc des sabots, qui jusqu'alors s'était fait de plus en plus présent, s'estompa brutalement. Cependant, les renâclements des montures trahirent leur position : ils n'étaient qu'à quelques mètres de l'entrée. Les deux archers descendirent : Siger le premier, indiquant dans un chuchotement que les Protecteurs étaient à couvert des flèches sous le porche de la ferme, suivi par Hakon, dont le pied traversa l'une des marches. Il s'enfonça jusqu'aux genoux à travers le sol et en sortit dans un enchaînement de jurons.

     — Comme si ce bois miteux allait nous arrêter, se moqua un homme à l'extérieur, presque déçu du peu de moyens qu'avaient mis les Chasseurs à le retenir.
     À l'intérieur, le regard de Vaast s'illumina tout en s'emplissant d'inquiétude. Il avait reconnu le Traqueur. Il s'agissait de Jehan, l'une des têtes montantes des troupes de Yarith. Cela faisait des années que ce Traqueur ridiculisait tout Chasseur qui avait le malheur de croiser sa route. Pourtant Vaast l'avait déjà rencontré à plusieurs reprises et ils commençaient même à se connaître assez bien. Les deux hommes avaient rejoint leur armée respective il y a neuf ans, Jehan signant avec l'ange Yarith tandis que Vaast vendait son âme au démon Orob. Ils étaient tous deux très doués, mais le Protecteur était meilleur. À chaque rencontre, Vaast était obligé de fuir devant ce soldat d'élite, s'en sortant toujours in extremis... Il n'appréciait guère la situation et ses yeux faisaient des aller et retour entre la porte d'entrée et les symboles de Trey. D'un simple geste de la main, il ordonna aux archers de se mettre en position au cas où le mur ne tiendrait pas. Il fallait gagner du temps, peut-être qu'en discutant avec l'ennemi...

     — Jehan, quelle surprise ! s'exclama-t-il à travers la porte. Cela faisait longtemps qu'on ne s'était pas croisés !
     — Tiens, tiens... Vaast, lança Jehan d'un air surpris et amusé, tu es enfin venu m'offrir ta tête ?  
     — Pas vraiment, contredit le Chasseur. Contrairement aux apparences, j'en ai encore besoin.
     — Ton plan est tombé à l'eau et maintenant tu essaies de gagner du temps pour que ton Passeur puisse vous évacuer dans votre trou à rat, continua le Traqueur d'un ton beaucoup moins sympathique. Désolé de perturber ton petit programme mais ça ne marchera pas ! Aujourd'hui tu es à moi !  
     « Pas cette fois » pensa Vaast. Les symboles venaient d'émettre une légère lueur grise, indiquant que le passage était ouvert. Chacun afficha un large sourire, surtout Vaast qui y voyait une occasion d'humilier son adversaire.
     — Tu as tout faux, rétorqua-t-il sur un ton bien moins inquiet. En réalité aujourd'hui c'est moi qui t’ai fait échouer. L'homme que tu as suivi est un Chasseur on ne peut plus banal.
     Il présenta un regard d'excuse à Aymar qui leva les yeux, tout en les invitant à foncer droit sur le mur tandis qu'il se rapprochait lui aussi du passage.
     — Notre Passeur doit être en ce moment même au cœur de Vostera, nargua Vaast... Donc, je suppose qu'on se retrouve dans une heure trente ? Deux heures ?  

     La porte d'entrée explosa, propageant des débris dans tous les coins de la maison, et Vaast se précipita vers le mur pour disparaître à travers le passage que Trey avait ouvert. Jehan, dont les yeux bleu perçant balayèrent la pièce en moins d'une seconde, se dirigea lui aussi vers le passage qui se referma sous son nez. Son sang bouillonnait. Voilà une erreur qui pourrait lui coûter cher. Son poing s’abattit sur le mur, ébranlant la charpente qui résonna dans un tremblement. Plusieurs pierres tombèrent en miettes, laissant apparaître un trou qu'un simple humain n'aurait réussi à creuser. Il se dirigea vers son cheval et reprit la route vers Vostera dans une course effrénée.
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Chapitre 1 - Partie 3


     Près du mur d'enceinte, dans les jardins royaux de Vostera,


     Alors que Trey se demandait combien de temps il lui faudrait attendre, une première personne se précipita sur lui, traversant le mur à vive allure. Le Passeur fit un pas de côté, évitant ainsi la collision avec Heruf qui tomba lamentablement à ses pieds.

     — On est pressé ? Demanda Trey avec un grand sourire.
     Aymar franchit à son tour le passage, suivi du reste de la troupe. Vaast fut le dernier à traverser. Trey comprit à son regard la situation et s'élança vers le passage afin de le refermer, ce qu'il fit juste à temps. Il n'eut même pas le temps de se retourner pour souhaiter la bienvenue à ses amis qu'Heruf le plaqua contre le mur, le bras sur la gorge.

     — On a faillit y passer avec tes conneries, s'exclama-t-il d'un ton trop élevé vu la situation.
     — Tu ne devrais pas parler si fort, rétorqua Trey avec détachement, mais non sans difficulté. Il y a une caserne juste derrière le rempart.
     — On se calme, s’immisça Vaast avec une voix apaisante. On ne doit pas se faire repérer maintenant qu'on est là.
     Heruf finit par lâcher Trey et s'écarta malgré la colère. Le Passeur se frotta la gorge et remit son col d'un air insolent. Néanmoins, le chef de mission n'avait pas tort, il avait ouvert le passage beaucoup trop tard.  
     — Que t'est-il arrivé ? le questionna Vaast. Tu as eu du mal à arriver jusqu'ici ?
     — Je suis tombé sur un ennemi redoutable, expliqua Trey sur un ton dramatique.
     — Qui donc ? Demanda Teos.
     — L'alcool et les jeux !
     Heruf laissa échapper un juron et se précipita vers le Passeur, mais Vaast l'arrêta avant qu'il ne pût atteindre sa cible.
     — Ce n'est vraiment pas le moment pour ces choses-là ! On doit se concentrer sur la mission. C'est clair ?

     Cette mission était d'ailleurs plutôt simple : il suffisait juste de s'infiltrer dans le palais sans attirer l'attention ni sonner l'alerte, trouver le roi Orguar, le tout sans repérage préalable des lieux. Vaast interrogea Trey du regard, qui ne se fit pas prier pour donner les indications.
     — Le meilleur moyen pour entrer est la porte des domestiques. Elle leur permet d'aller et venir dans le palais sans se faire voir par les nobles. Elle est peu surveillée et surtout très peu empruntée à cette heure-là. Vous pourrez vous y faufiler facilement. Par contre, une fois dans le château, ce sera à vous de vous débrouiller !
     — Tu n'aurais pas pu nous faire arriver directement à l'intérieur ? demanda Aymar, plus par curiosité que par esprit critique.
     — Bien sûr que non !  

     Trey connaissait ses forces, mais également ses faiblesses. Contrairement à d'autres Passeurs qui pouvaient dessiner des portes d'instinct, lui devait s'appuyer sur son carnet et prendre son temps... Il ne pouvait pas se permettre de le faire en plein milieu d'un couloir où il risquait d'être dérangé. Alors que le reste de l'équipe révisait les derniers détails de leur mission, Trey se plongea de nouveau dans son calepin afin de dessiner la porte qui leur servirait d’échappatoire. Les autres avancèrent dans les jardins, rampant silencieusement sous les buissons décoratifs qui longeaient les allées. Au passage d'une patrouille menée par un Protecteur, ils retinrent leur respiration sans vraiment le vouloir. Les sans-âme pouvaient se reconnaître entre eux, mais uniquement lors d'un contact visuel. Là était tout l'intérêt de rester discret et d'employer des Passeurs afin de créer des voies plus sûres. L'un de leurs plus grands obstacles était les Traqueurs. Leur pouvoir permettait de repérer d'autres sans-âmes à des lieux à la ronde et d'identifier leurs intentions. Nombre de démons regrettaient de ne pouvoir acquérir cet incroyable don, même s'ils disposaient eux-même de Passeurs aux talents également convoités. Lorsque la ronde s'éloigna suffisamment, le groupe reprit sa route jusqu'à l'entrée des serviteurs, enfoncée dans le recoin d'un mur et presque invisible si on n'y prêtait pas attention.

     — Pourquoi on fait ça ? demanda Siger dans un chuchotement, sûrement dans l'espoir d'être rassuré.
     — Pour prouver à Firmin qu'on est pas des incapables, lui répondit Teos.
     — Il trouvera toujours quelque chose à nous reprocher de toute façon, grommela Heruf
     — Peut-être, mais moi aussi je peux vous faire des reproches, alors plus un mot, conclut Vaast.

     Une fois au bout du chemin et après avoir vérifié qu'il n'y avait personne aux alentours, Siger traversa l'allée  pour ouvrir la porte. Il se faufila à l'intérieur et ressortit quelques minutes plus tard, faisant signe à ses compagnons qu'il n'y avait aucun risque. Hakon passa en premier, son arc à la main, afin d'ouvrir la voie, tandis que Siger couvrait les arrières. Le passage était vide, ils avancèrent donc en restant dans l'ombre des coulisses jusqu'à croiser une servante au détour d'un couloir. Celle-ci n'eut même pas le temps de comprendre la situation que la main d'Heruf se plaqua contre ses lèvres, l'empêchant de crier. La discrétion n'était décidément pas leur fort, il n'y avait plus qu'à espérer qu'ils feraient mieux en ce qui concernait l'alerte. Après avoir proféré quelques menaces en cas de mensonge ou de hurlement de sa part, Vaast lui demanda où étaient les appartements qu'ils recherchaient. La pauvre n'attendit pas pour répondre, pleurant à chaudes larmes face à la peur que ces hommes armés et sortis de nulle part provoquaient en elle. Une fois les indications en leur possession, Aymar assomma la jeune femme et resta en arrière afin de cacher le corps.

     Ils parcoururent dans la plus grande prudence les corridors réservés aux serviteurs et arrivèrent finalement devant la porte menant au couloir qu'ils recherchaient. Ils l'entrouvrirent légèrement et virent qu'elle menait directement au vestibule des appartements. Une première porte à double battant était gardée par deux hommes qui leur tournaient le dos tandis qu'une deuxième conduisait à la fameuse chambre. Une véranda vitrée en forme de demi-cercle, qu'une servante nettoyait, permettait d'avoir une vue splendide sur une partie des jardins qu'ils n'avaient pas encore vue. Sans bruit, Heruf, Siger et Hakon entrèrent dans la pièce, chacun se dirigeant vers une des personnes. Dans un geste commun, ils plaquèrent leur main sur la bouche de leur victime, les empêchant ainsi de respirer. Elles s'évanouirent en moins d'une minute, glissant au sol de tout leur poids. Pendant que les autres réunissaient les corps et sécurisaient le couloir, Vaast et Teos pénétrèrent dans les appartements d'Orguar. Le jeune roi dormait paisiblement, un sentiment de sécurité inscrit sur son visage. Vaast s'approcha du lit à baldaquin, posa son genou sur le matelas et avança lentement vers Orguar. Il étira ses lèvres, heureux d'être si proche de son objectif, mais lorsqu'il posa sa main sur le roi, son sourire disparut en même temps que l'homme en face de lui.

     — Une illusion, comprit Teos. Je me disais bien que c'était trop facile.
     Seules les Chimères, les Protecteurs à la solde de l'Ange Omahal, pouvaient créer des illusions. La seule question qui se posait était...
     — Mais où-es tu ? marmonna Vaast dans le vide.
     — Tu crois qu'on est repéré ?
     — Je ne pense pas. Je vais aller prévenir les autres et chercher ailleurs. Fouille la pièce, qu'on soit sûr de n'avoir rien loupé.

     Vaast quitta les lieux et laissa son ami commencer ses recherches. Teos avait déjà ouvert quelques tiroirs quand un homme sortit de l'ombre. Il ne portait pas d'armure et seuls une épaulière en cuir ainsi qu'un fourreau pour cimeterre étaient visibles. Sa peau mate prouvait qu'il était originaire d'un pays du centre et au vu de sa tenue et de son arme, il ne pouvait venir que d'Ostaria. Il était rare qu'un Ostarian devienne un sans-âme, d'autant que ce peuple avait pour habitude de rejeter tout ce qui pouvait venir des Dreist, nom donné aux êtres supérieurs.

     — Je crois que ça sera entre nous, Chasseur ! ironisa la Chimère.
     — J'en ai bien peur, compatit Teos qui avait déjà dégainé son épée.

     Le Protecteur l'imita dans son geste, mais aucun des deux n'entama le combat. Le Chasseur savait que ce duel ne serait pas une partie de plaisir. Les Chimères les plus douées pouvaient créer des villes imaginaires plus vraies que nature, ce qui prouvait leur indéniable puissance. Teos ne connaissait rien de l'homme qu'il avait en face de lui et ne pouvait pas juger ses capacités sur une première impression. Teos était le meilleur épéiste des troupes d'Orob, mais il connaissait la force au combat des Ostarians, réputés redoutables. Il devait gagner du temps.

     — C'est inutile, informa le Protecteur comme s'il lisait dans ses pensées. Les gardes sont déjà en route.
     Teos entama aussitôt le combat, mais quelque chose avait changé chez le Protecteur. Il ne semblait plus aussi dangereux qu'à l'instant et la lueur de ses yeux s'était éteinte. Teos se retourna avec vélocité et para le coup qui fusait vers lui. Le Protecteur recula, impressionné par les réflexes de son adversaire.
     — Tes illusions n'ont pas ta... prestance, fit remarquer Teos. Tu ne m'auras pas avec ça.

     Pour unique réponse, une jungle poussa dans la salle, accompagnée de l'humidité et de la lourde atmosphère qui lui était propre. Les illusions des Chimères, très réalistes, atteignaient tous les sens sans pour autant blesser réellement. Les hommes échangèrent quelques coups avant que le Protecteur ne disparaisse dans l'épais feuillage de la forêt. Des racines ondulèrent au sol et glissèrent vers le Chasseur avant de l'entourer. Teos était désormais entravé en plein cœur d'une nuée dont les langues sifflotaient dans l'air. « Des serpents... Non. Des illusions. Ce ne sont que des illusions. Reprends-toi ! » pensa-t-il. Il appela ses compagnons pour quérir leur aide, en vain. À la place, il entendit du raffut provenant de l'extérieur. Le Protecteur fonça sur son ennemi et enchaîna les attaques avec adresse. Il prit facilement l'avantage et Teos finit par se retrouver au sol, complètement désarmé. Le Chasseur, impuissant, espérait avoir offert assez de temps à ses compagnons pour mener à bien la mission. L'Ostarian leva son arme afin de porter le coup de grâce quand il se figea dans un craquement, la douleur et la surprise se reflétant dans ses yeux. Il lâcha son arme et amorça un mouvement afin d'enlever la dague plantée dans sa nuque, mais Teos en profita pour récupérer son épée et transperça la Chimère qui s'effondra.

     L'illusion s'estompa et laissa place à une chambre saccagée par la lutte entre les deux sans-âmes. Il vit, à travers l’entrebâillement de la porte, ses compagnons s'appuyer sur l'entrée du vestibule afin d'empêcher les gardes d'entrer. Le Chasseur dut prendre quelques secondes pour assimiler ce qu'il venait de voir. Il leva les yeux vers sa sauveuse : elle tremblait de tous ses membres devant le sang qui s'infiltrait à travers les rainures du parquet.

     Ce qu'elle venait d'accomplir était, pour une simple humaine, peu commun pour ne pas dire incroyable. La force, la vitesse, les réflexes et les sens d'un sans-âme étaient bien plus développés que la moyenne. La servante, qui deux minutes plus tôt nettoyait les vitres du vestibule, venait d'ôter la vie à un Protecteur d'élite. Elle pouvait désormais tirer un trait sur sa routine, car les Anges ne la laisseraient pas en paix. Teos suivit son regard, perdu au loin, et tomba sur une porte qui n'était pas là auparavant, sûrement cachée par les illusions de l'Ostarian. Il appela Vaast à travers le couloir et lorsque le chef de la troupe arriva, il se dirigea vers la porte indiquée et l'ouvrit. Le Roi Orguar, épée dégainée, protégeait d'un bras son épouse tout en menaçant le Chasseur.

     — Que votre Majesté se calme, nous ne sommes pas là pour lui faire du mal, mais pour lui transmettre un message, le rassura Vaast après avoir laissé tomber son arme au sol dans une magnifique révérence.
     Au bout d'une ceinture en bandoulière pendait un porte-document duquel il sortit un parchemin. Le souverain, décontenancé, baissa sa garde, s'approcha avec une grande prudence et prit le manuscrit.
     — Si nous n'étions pas venus nous-même, il ne serait jamais arrivé, continua le Chasseur tout en se redressant. J'espère que votre Majesté comprendra en le lisant.  

     Vaast fit trois pas pressés en arrière suivis d'une rapide révérence, puis il se retourna tout en récupérant son arme avant de sortir en courant. La mission était certes accomplie, mais il fallait désormais essayer de rentrer en vie. Il regroupa tout le monde et se dirigea vers le chemin par lequel ils étaient arrivés. Le groupe croisa des soldats que les Chasseurs n'eurent aucun mal à maîtriser. Ils sortirent, arrachant presque la porte au passage tant ils allaient vite. Par chance, la plupart des patrouilles s'était dirigées vers l'intérieur, leur laissant ainsi le champ libre sur une partie des jardins. Trey les attendait devant le portail dont les symboles brillaient d'une douce lueur. Heruf, Hakon et Siger le traversèrent, mais le trio qui suivait s'arrêta un instant. Le Passeur remarqua la présence féminine qui accompagnait ses compagnons.

     — Il fallait me le dire qu'on avait le droit d'emporter des filles, badina-t-il tout en dévisageant l'inconnue.
Vaast se retourna alors vers la jeune femme d'un air interrogateur. Il n'avait pas eu le temps de poser ses questions, mais maintenant qu'ils étaient devant la porte, il ne pouvait pas l'ignorer plus longtemps.
     — Elle m'a sauvé la vie, dit Teos en prenant les devants. Si on la laisse ici, ils la tueront.
     — Je veux devenir un Chasseur, coupa la jeune femme.
     Vaast avait l'habitude d'accepter des personnes qui ne méritaient pas de devenir Chasseur, c'était l'un des plus grands sujets de conflit entre lui et son supérieur, mais il savait aussi reconnaître quelqu'un n'ayant pas l'étoffe d'en devenir un. Il faisait confiance à chacun de ses hommes, ils avaient des défauts mais également des qualités. Tout ce qu'il voyait chez cette femme se résumait à la vie de servitude qu'elle supportait au quotidien.
     — Quel est ton nom ? Demanda Vaast.
     — Meika, répondit-elle, pleine d'espoir.
     Vaast soupira et accepta qu'elle traverse à la condition qu'elle soit sous la responsabilité de son ami.
     — Formidable, s'extasia Trey. Ça manque toujours de femmes chez nous.
     — Aymar est passé ? s'inquiéta Vaast.
     — Non, avoua le Passeur. Je vais rester un instant, mais si ça devient trop dangereux je serai obligé de fermer.
     — Fais de ton mieux, encouragea le chef de mission.
     Ils disparurent à travers les pierres de l'enceinte, laissant Trey seul dans les jardins royaux.
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Chapitre 1 - Partie 4


     Dans une chambre du palais de Vostera. Lettre destinée au roi Orguar,



«Sire,

    C'est avec émotion que j'ai appris la perte tant regrettable de votre père, le feu roi d'U'hidir, et je porte l'espoir que ses derniers instants aient été sans douleur. Il m'est pénible d'imaginer un monde sans un homme de vertu à son égal et je viens ainsi, par des moyens bien peu conventionnels, compatir à sa disparition. Son nom et son règne l'honorent. Ils sont la marque d'une glorieuse dynastie et vous en êtes le descendant tout comme l'avenir. À la lueur de ce pouvoir et des devoirs qui vous incombent dès lors, je me dois de m'adresser à vous tel que je le faisais avec votre défunt père.

    Il eut été inconvenant d'affirmer l'entente cordiale qui existait entre nous en raison de votre alliance avec les Anges, mais la paix persiste entre nos pays respectifs, entretenue dans l'ombre et attisée par une unique volonté : que nos chers royaumes prospèrent sans querelles ni litiges. Une idée ô inconcevable pour vos alliés tant pragmatiques. Ces mêmes personnes ayant été en charge de votre éducation, il m'est permis de craindre vos sentiments à notre égard ainsi que la véracité que vous accorderez à mes propos. Les Protecteurs sont aussi fins précepteurs qu'habiles dans l'art de persuader. Je redoute qu'ils aient eu l'audace de confondre enseignement et idéologie, inhibant votre propre et libre opinion sur nous.

    Je suppose qu'au travers de descriptions bien peu élogieuses, nous avons été dépeints comme une nation strictement opposée à celle des Anges. C'est vrai. Eux désirent apporter la connaissance, nous aspirons à la partager. Derrière cette volonté à l'aspect altruiste, cette vision d'un monde ordonné et sûr pour tous, se cache une notion subtilement induite : celle de votre obédience aveugle et totale. Nous n'avons pas l'arrogance nécessaire pour égaler cette folie. Nous nous contentons de garantir la liberté de penser de chacun ; nous préférons la tolérance au rejet. Deux conduites contraires pour deux peuples voués à se haïr, à la seule différence que nous reconnaissons qu'il puisse y avoir d'autres visions que la nôtre.

    Vous êtes un homme cultivé et intelligent qui n'est pas du genre à tomber dans quelques grotesques manipulations. Je vous invite à vous poser les bonnes questions : avez-vous lu des livres écrits par d'autres que nos ennemis ? Avez-vous ne serait-ce que déjà parlé avec un de nos alliés ? Certes ils ne sont pas tous des plus exemplaires, mais ils sont libres de penser et sont acceptés tels qu'ils sont. Nous n'enfermons pas ceux qui nous rejoignent dans des illusions et des mensonges. Nous voulons qu'ils fassent ce choix avec honnêteté, en connaissance de la vérité et de l'Histoire. Est-ce vraiment le cas des Anges ? Vous seul êtes à même de répondre.

    Cela nous amène à un point crucial pour vous comme pour votre Royaume. Il m'a été rapporté que vous comptiez faire don de votre âme aux Anges et de par le respect que j'accordais à votre père, je me dois de vous mettre en garde : cette résolution est celle de toute une vie. C'est un lien immuable, un étau ferme, une étreinte définitive. Je ne vous invite pas à y renoncer, mais plutôt à attendre. Soyez sûr de votre décision, mûrissez-là longuement et prudemment. Ne commettez pas l'erreur de faire ce choix sous l'emprise du chagrin, du deuil ou de l'incertitude, car un tel don ne doit pas se faire sur une simple suspicion, mais venir d'une réelle conviction.

    Je reste à votre disposition en ces temps indécis et espère trouver en vous un égal à la mesure de votre père.

Phrallis, l'Immortel, Ambassadeur des Démons sur Elevae
Seigneur des Chasseurs»
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Chronique d'Elevae

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